Ce que la maternité m’a appris

Ce que j’ai appris en devenant Maman se résume à 5 points essentiels. 5 points qui ont changé mon quotidien.

La négociation

Négociateur de raid ou finaliste de Koh Lanta, j’ai pas encore choisi ma future vocation. Mais une chose est sûre, une mère de 3 têtes blondes est en mesure de déjouer une prise d’otage en 3 minutes chrono. Quand tu deviens Maman, ta vie ne se résume plus qu’à une seule chose : NÉGOCIER. Je ne parle pas de chantage, attention, le chantage c’est vilain (surtout le chantage aux bonbons , bouh).

Mets tes chaussures mon lapin. Allez, mets tes chaussures on va être en retard. Tu sais si tu mets tes chaussures, comme ça, très vite, je serai tellement fière de toi. Allez loulou, tu mets tes chaussures ? Non tu ne peux pas aller à la crèche en chaussettes. Non Maman ne va pas travailler en chaussettes. Non le chien ne mets pas de chaussure c’est vrai, mais il n’a pas de pied en même temps. Oui, bon, ok, il a des pieds mais tu vois bien qu’ils ne sont pas configurés pour mettre des chaussures. Bon, tu mets tes chaussures ? Comment ça tu n’aimes pas ces chaussures. Tu veux mettre les autres là alors ? Non plus ? Bon alors tu choisis les chaussures que tu préfères et tu les mets ok ? Non plus ? Tu veux que je me fâche ? ah.. oui. Mais tu veux VRAIMENT que Maman se fâche t’es sur ? Parce que c’est pas rigolo Maman qui monte dans les aigues, tu sais bien. Tu mets tes chaussures ? Allez… loulou, fais plaisir à maman, mets tes chaussures…

Bon… si je te donne un bonbon, tu mets tes chaussures ?

Je déconne, on en est pas arrivé là encore mais ça me démange régulièrement.

Remplacez le mot « chaussures » par les mots, au choix, « manteau » « mange tes haricots » ou « c’est l’heure d’aller au dodo », vous verrez, ça marche aussi.

 

Le smile, l’arme contre toute attaque extérieure

Je ne suis pas d’une nature très avenante. Voir je suis même un peu sauvage. Je rêve très souvent d’avoir 2 ans pour pouvoir dire les choses sans filtre « pourquoi la dame elle sent mauvais là ? ». J’ai appris, depuis que je suis mère, que les gens n’en font qu’à leur tête. « Je peux le toucher ? » Bah t’as déjà sa joue entre ton index et ton pouce alors je suis tentée de te dire oui. Mais plutôt que de sortir les griffes à chaque fois je me suis rendue compte que dire les choses avec le sourire était : plus grisant / plus efficace / plus marrant (ne rayez pas la mention inutile, les 3 sont valables).

Dans la queue à la caisse du supermarché, le fameux « je peux (le toucher/le regarder/lui postillonner dessus)? ». SMILE « non merci Madame». Regard gêné, ricanement bête. Elle capitule sans même avoir eu le temps de sortit ses mains de sa poche.

8h30, place du marché du jeudi, SweetL se roule par terre car il n’a pas eu le droit de courir sous le bus en marche. Une fois une petite vieille a voulu lui faire la morale, s’est penché à sa hauteur, et lui a dit un truc qui ressemblait à un « Bouh c’est vilains les caprices, tu sais…  » Elle n’a pas eu le temps de finir sa phrase qu’elle a pris un kick (pas de moi, je suis bien élevée à mon âge) et un « mais arrêttttteeeee ». J’ai eu la honte de ma vie même si j’avais envie de lui balancer un bien fait, mêle toi de tes oignons.

Maintenant, je sors mon SMILE, je relève la tête régulièrement et je lance mes bonjours chantants, comme si l’enfant à côté de moi qui hurle n’est pas le mien. Et ben ça marche ! Personne ne s’arrête. Personne n’essaye de me/lui parler. Mon enfant parait toujours aussi mal élevé. Moi je parais toujours aussi dépassée. Mais au moins personne ne me le dit. SMILE

 

La vie ne tient qu’à une couleur de verre

Et oui, il faut l’avouer, nos préoccupations d’adultes sont pinuts par rapport à la vie d’un enfant de 2 ans. Je pensais que c’était un mythe. Je pensais que les parents en rajoutaient ou exagéraient. Je pensais que Florence Foresti (Big up mon idole) en faisait des caisses pour son spectacle.

Mais non. La légende est vraie. Tu peux ruiner la journée de ton gamin parce que tu ne lui as pas donné le verre de la bonne couleur. Et si ladite couleur est en plus indisponible pour cause de verre dans le lave-vaisselle… Good luck !

Ta journée peut donc devenir un enfer si la banane, à l’étape cruciale de l’épluchage, a eu le malheur de se casser en deux.

Si tu as eu l’indécence de couper l’eau alors que ça ne faisait que 20 minutes qu’il se lavait les mains.

Si dans un moment d’égarement tu as mélangé les gnocchis aux knacki (oui chez nous on fait des repas gastro). Si, pire encore …. Tu as mélangé la sauce bolognaise aux spaghettis. Drame intersidéral.

Je ne vous parle bien entendu pas du cas de figure où j’oserai ouvrir son yaourt à sa place. Ou … j’en frémis d’avance … si j’avais éteins la TV sans le prévenir 42 fois avant.

 

L’avis des autres

Même si je prétends le contraire, bien sûr que le regard des autres m’importe. Je rêverai du contraire mais il faut bien se rendre à l’évidence que je ne suis pas encore capable de passer au-dessus. Mais alors par contre, l’avis des autres, surtout quand tu ne l’as pas demandé, ça, je n’en ai absolument rien à faire.

Au début, j’écoutais. Je répondais même ! Et je perdais une énergie folle à justifier thèse/anti thèse : ma décision, mon avis, ma position sur un sujet, la bêtise des gens, etc. « Non il ne mange pas trop. Oui oui, il va manger ces 2 petits suisses. Ah oui, ça paraît beaucoup mais il en a vraiment besoin vous savez. Non il ne va pas devenir obèse. Oui il arrive encore à manger le soir. Non ça va il les digère bien. Oui il aime bien, je vous assure. Non je ne vais pas lui donner un BN à la place je ne pense pas que ce soit mieux ….. »

Maintenant quand on me donne son avis sur un sujet, je réponds, concise, précise, mais je ne justifie pas, ou peu. « La fessée ? Non, on est contre à la maison, on pense que ça ne sert à rien ». Qu’à cela ne tienne, d’accord, pas d’accord, je ne vacille pas à m’empêtrer dans des explications interminables.

Quand on tente de me convaincre alors que j’ai déjà répondu par la négative ? Je m’en vais. OUI OUI, je me casse. Et si je ne peux pas (à l’apéro chez des potes ça se fait pas de partir paraît-il), je tourne la tête et je prends part à la discussion voisine. Les 2 ou 3 premières fois j’étais mal à l’aise, je tremblais à l’intérieur, et en fait, c’est la méthode miracle. CA MARCHE ! Les gens se taisent.

 

Le self contrôle / la patience (on n’est pas encore méga au point sur ce sujet mais on y travaille très dur)

Attendre ? Je déteste ça. Alors forcément quand mon mini met 25 minutes pour décider de s’habiller le matin alors qu’il est déjà 8h30, j’ai des envies de meurtres ou de ligature des trompes.

Mais en 2 ans ½ d’expérience j’ai appris que si tu gardes ton calme, il mettra 12 minutes pour mettre ses 2 chaussettes. Alors que si tu t’énerves, tu cries, tu transpires, tu flingues ton maquillage, tu lui dis des trucs pas très éducation positive, il mettra quand même 12 minutes pour mettre ses fucking 2 chaussettes et toi t’aura perdu 1h d’espérance de vie. Le résultat est donc le même mais tu vivras 1h de plus. A raison de 260 matins travaillés par an ça fait 4 heures. Avec plusieurs gosses tu dois vite gagner quelques mois de retraite.

 

Je pourrais vous en écrire des tartines parce que, qu’on se le dise, on éduque nos gosses mais eux aussi nous apprennent la vie. Et ils sont plutôt assez forts sur le sujet.

Et vous, vous avez appris quoi? 

SMILE  🙂

 

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A toi, la Maman que tu deviendras

Parce qu’il y a 3 ans j’étais bien loin d’imaginer ce que serait ma vie aujourd’hui. Parce qu’il y a 3 ans j’étais pleine de principes d’éducation qui ont été balayés d’un revers de la main. Parce qu’il y a 3 ans je ne savais pas qui se cachait sous mon nombril. Parce qu’il y a 3 ans j’essayais de TOUT envisager.

Mais ce qu’on ne sait pas quand on attend notre 1er enfant, c’est que, de tout ce qu’on aura imaginé, rien ne se passera comme prévu.

A toi la jeune Maman que tu deviendras.

Toi, qui passe tes journées la main amoureusement posée sur ton ventre à imaginer le petit être qui s’y cache.

Toi, qui passe tes journées à te demander si tu seras une bonne Maman capable d’aimer ce petit être que tu ne connais pas encore.

Toi, qui passe tes journées à te demander si le plus dur sera les longues nuits ponctuées de biberons ou les pleurs que tu ne sauras pas calmer.

Toi, cette future Maman en devenir.

Rien ne se passera comme tu m’imagineras. Tu auras beau envisager tous les scénarios, rien de tout ça n’arrivera.

 

Ton bébé ne dormira pas les 1ères nuits. Peut-être qu’il confondra le jour et la nuit. Peut-être que les coliques le feront se tordre de douleur. Peut-être que tu essayeras des dizaines de lait avant de trouver le bon. Toi aussi tu te retrouveras à faire des promenades en poussette à la nuit tombée pour essayer d’endormir ton bébé. Toi aussi tu marcheras des kilomètres dans ton salon en berçant ton bébé. Mais ce que tu ne sais pas c’est que quand, enfin, il trouvera le sommeil, apaisé, tu n’auras qu’une seule envie, être déjà au prochain biberon et le serrer fort dans tes bras car son odeur te manquera déjà.

 

Ton bébé aura besoin de toi. Peut-être qu’il aura besoin de tes bras plus que de raison. Peut-être que tu dérogeras déjà à ton 1er principe en le laissant dormir de longues heures, sa petite tête posé tout contre ton cœur, parce qu’il n’y a que cette mélodie qui saura le calmer. Toi, la future Maman, suit ton instinct et n’écoute pas les « tu ne devrais pas » ou autre « il va prendre de mauvaises habitudes ». Toi seule sais ce dont ton bébé a besoin. Tu es la seule chose dont il a besoin. Tu es son essentiel après avoir passé 9 longs mois à vivre au rythme de tes battements de cœur. Prolonge alors son plaisir encore quelques mois. Le moment où il te repoussera car il est devenu trop grand pour un câlin sera si vite arrivé.

 

Tu sais que ta vie, votre vie, va être mise à sac pendant quelques semaines/mois. Tu sais que votre vie de couple va changer. Tu sais que rien ne sera plus pareil, que les resto se feront plus rares, que les week end en amoureux ne seront plus qu’un lointain souvenir pendant plusieurs mois/années. Tu dis à qui veut bien l’entendre « nous on le laissera régulièrement pour se retrouver, c’est essentiel ». Toi, la future Maman, ce que tu ne sais pas c’est que tu seras bien incapable de le laisser à qui que ce soit pendant plus d’une demi-journée. Ce que tu ne sais pas c’est que ton couple va être mis à rude épreuve et qu’il y a forcément un moment où vous allez vous retrouver à compter qui a dormi 1h de plus que l’autre. Ce que tu n’imagines pas c’est que ta vie intime va probablement se retrouver réduite à peu de chose pendant quelques temps. Mais ce que tu ne sais pas non plus c’est que ton couple n’en ressortira que plus fort. Que quand vous vous regarderez avec ce petit être entre vous deux vous vous direz « c’est nous qui l’avons fait ».

 

Ton bébé deviendra un jour cet enfant capricieux que tu jugeais au supermarché. « Une chose est sûre, je ne laisserai jamais mon enfant faire ça ». On l’a toutes dit. Toi, la future Maman, tu auras aussi tes moments de honte où une future jeune Maman te regardera du coin de l’œil en se disant « ça, jamais ». Toi non plus tu ne sauras pas quoi faire. Toi aussi tu seras désemparée. Comme cette jeune Maman que tu as croisée quelques mois plus tôt. Et à ce moment-là, au milieu des regards réprobateurs, tu croiseras le regard plein d’encouragements d’une autre Maman qui te diras « courage, ça va passer ». Et contre toute attente, tu feras un câlin à ton enfant hurlant à plein poumons. Parce que toi, la future Maman, tu sais que tout ce dont ton enfant a besoin c’est que tu le rassure.

 

Alors toi, la future Maman, continue d’imaginer ce que ta vie va devenir. Ce que tu ne pourras jamais imaginer, c’est cet amour qui va te retourner les tripes à la seconde même où tes yeux vont se poser sur ce petit être à peine sorti de toi. Cet amour animal que tu vas ressentir pour ton enfant, encore tout chaud de ton intérieur, qui, à l’instant même où on va le poser sur toi, va t’emmener très loin de tout ce que tu pouvais imaginer.

Toi, la future Maman, ta vie va changer pour toujours. Bien plus que tu ne peux l’imaginer. Mais suis ton cœur, écoute ton bébé, lui seul à les clefs pour t’aider à surmonter tout ce que tu n’auras pas imaginé.

 

Notre séance de kinésithérapie

Suite aux nombreux troubles du sommeil de SweetL et face aux heures de retard de sommeil qui s’accumulent, j’étais prête à tout, même à retourner voir ce gars que j’avais détesté quand SweetL avait 1 an. Il avait quand même détecté son intolérance au lactose alors que mon pédiatre ne s’en souciait que trop peu donc je me suis dit que je pouvais retenter l’expérience.

Attention, ce qui suit va certainement en choquer plus d’une. Moi, la cartésienne, la rationnelle, j’ai dû pendant 1h30 mettre mon poing dans ma poche plus d’une fois. Il y a à prendre et à laisser dans cette démarche … même si je pense que tout n’est pas faux.

  1- L’état des lieux

Je lui explique les troubles du moment : problème de sommeil ET un état de colère intense et inapaisable.

Il me pose des questions concernant ma grossesse, sa naissance, son comportement général. Passé sa naissance houleuse qui je pense explique pas mal de chose, commence le « ah il a été dans un parc quand il était bébé ? oui, c’est évident, il a pas assez fait de 4 pattes ». OK… Puis s’en suit un « comment il réagit quand vous lui mettez une fessée ». Heu … On ne met pas de fessée chez nous, on est contre. Levage de yeux au ciel. Ok, on commence bien, bienvenue en 1982.

Ensuite, on balaye ses problèmes de santé, traitements en cours, etc. Il est sous flyxotide ? Des corticoïdes ? Mais ma bonne dame vous savez que vous enfouissez le problème et qu’il finira forcément pas ressortir sous une autre forme. Là je commence à gesticuler sur ma chaise … Laisse le parler, t’es pas venue pour une leçon de morale. J’ai envie de lui hurler que n’étant pas médecin je fais ce qu’on me dit de faire mais je le regarde droit dans les yeux « oui, je comprend ». On va tester l’éducation positive avec le Monsieur, il va adorer.

Il regarde SweetL qui est bien sage depuis les 15 minutes où on parle de lui. Sage … il tourne sur lui-même depuis 5 minutes et joue au « manège ». Mais sage quand même. Il n’a rien cassé, il n’a pas hurlé, ne nous a pas coupé la parole, il est donc sage. « Mais il est hyper actif ». Hein ? « Bah regardez il ne tient pas en place ». Il a 2 ans ½, il est plein de vie et il est 18h15. Il n’est pas hyper actif, c’est juste un enfant. A ce moment-là je suis fière de moi car il ne me déstabilise pas et je garde mon aplomb et mon assurance contrairement à la 1ère fois où je l’ai vu.

    2 – La séance

La Kinésio avec les enfants se pratique en passant par le parent. C’est-à-dire qu’il me fait me coucher sur la table d’auscultation, fait assoir Sweet L entre mes jambes (il suffit qu’il me touche) et lui donne une caisse de jouets pour l’occuper.

Il établit un « contact » entre moi et SweetL pour que ce qu’il fait sur moi lui soit en fait destiné. Tout le monde suit ? Puis il commence à travailler sur les énergies. Là commence le côté un peu « poupée vaudou » mais j’essaye de garder confiance en me disant que cette pratique fait des miracles, il faut y croire.

Plusieurs détails me font dire que mine de rien, sous ses airs un peu perchés, il y a quand même du vrai. Il me dit au milieu de la séance « je ne comprends pas, il y a un problème avec l’élément de l’eau, il revient toujours. Est-ce qu’il boit beaucoup la nuit ? » Heu, oui. Enormément. Alors que je ne lui en ai jamais parlé. Puis il me demande si SweetL ressent le besoin de se lever de table toutes les 2 minutes. En effet, les repas c’est l’enfer, on passe notre temps à le punir et lui courir après (comme beaucoup d’enfants me direz-vous, c’est ce que je me suis dit aussi).

Je vous passe les détails mais il travaille sur la colère, la frustration, l’angoisse et plein d’autres sentiments un peu trop prononcé chez notre bonhomme.

SweetL n’a pas bougé pendant plus d’une demi-heure, je suis bluffée.

    3 – Les conclusions

La séance se termine, il fait appel aux énergies pour trouver les fleurs de bach qu’il faut pour apaiser SweetL (oui oui, il a demandé à mon corps…. Un peu perché je vous dit). Puis il me livre ses conclusions :

  • SweetL a peur de la mort. Ca je l’ai beaucoup lu dans les livres et sur internet. C’est une peur (soit disant) omniprésente chez les petits. Ils ont cette peur qu’ils ne savent pas nommer. Cela viendrait de la naissance. On l’aurait tous eu …
  • SweetL a une angoisse du vide. Quelque chose de viscérale, une angoisse qui lui tort les tripes. Et cela se traduit par une incapacité à rester à table sans bouger pendant 15 minutes, il ne supporte pas qu’il ne se passe rien autour de lui (la nuit, pas de bruit, pour lui c’est l’enfer), il faut qu’il comble le vide en criant, avec une veilleuse, en faisant du bruit.
  • SweetL a, au fond de lui, un sentiment d’échec très fort. Impossible de dire quoi, il faudrait qu’il puisse s’en rendre compte pour mettre des mots dessus, mais régulièrement il se dit « je suis trop nul, je ne fais rien comme il faut ». Et ça, c’est évident. Très souvent je vois l’injustice dans ses yeux. Toujours quelques secondes avant que la situation ne tourne mal et qu’il se mette dans un état de frustration complètement surdimensionné. Et ça il faut qu’on travaille dessus pour aborder les choses différemment. Car c’est inconcevable pour moi qu’il grandisse avec ce sentiment.

Voilà. Une séance qui finalement ne s’est pas trop mal passée malgré un démarrage difficile.

Alors par contre, non, je ne suis pas encore prête à abandonner la médecine traditionnelle au profit de la médecine chinoise ou autre médecine alternative. Même si je suis convaincue qu’on peut faire des miracles autrement qu’avec des médicaments. Je ne suis pas prête à revivre des hivers ponctués de bronchiolites, de samedi passés aux urgences, de kiné respi et autres réjouissances.

Par contre il a mis des mots sur des angoisses qu’on soupçonnait. Ca m’a permis de me conforter dans mon idée que SweetL est un angoissé, un anxieux et que sous ses airs mi ange mi démon, il ne sait tout simplement pas comment gérer tout ca et que tout se bouscule dans sa tête. Un TerribleTwo puissance tornade avec zero répit entre chaque « mauvaise période ».

    4 – Le bilan 2 semaines après

  • SweetL ne dort pas mieux.
  • SweetL fait toujours des colères énormes.
  • SweetL se réveille toujours aux mêmes heures chaque nuit.
  • SweetL a encore été à la crèche en hurlant à pleins poumons pendant 20 minutes parce que j’ai eu le malheur de lui interdire de se jeter sous un bus en trottinette. Mère indigne que je suis ;).

Mais on va travailler sur nous, avec lui, parce qu’à chaque fois il n’y a qu’une seule leçon que je tire de tout ça : ils sont notre plus grande force pour nous aider à avancer, à être de meilleures personnes et de meilleurs parents, à être à leur écoute, et à les aider à se construire de la meilleure manière qu’il soit.

 

Et sinon, j’ai commencé l’homéopathie …. Prête à tout je vous dit ! 🙂

 

Education positive. Positivons l’éducation. Mais arrêtons de nous torturer.

L’éducation positive. L’éducation bienveillante. Vous trouverez plein de mots qui décrivent ce nouveau mode d’éducation bien loin de ce qui se passait quand nous étions nous même enfants. Ce mode d’éducation très année 2 000 que nos parents ont parfois du mal à comprendre parce que « une fessée n’a jamais tué personne » et que « si on les laisse s’exprimer ils vont nous bouffer ».

SweetL est un livre de psycho à lui tout seul. Tu l’éduques pendant 10 ans et tu peux passer une équivalence Doctorat en pédopsy. Jusque-là, en 30 mois, il a traversé toutes les phases clefs du développement de l’enfant avec pertes et fracas, on en a bavé mais on le sait au fond de nous, ce qu’on vit aujourd’hui on ne le vivra pas dans 10 ans. On espère.

Je prône l’éducation positive, SweetL nous a prouvé à de multiples reprises que c’est ce qui marche et non pas ni la force, ni la petite violence ni aucune autre méthodes « d’un autre temps ». Il a bien entendu déjà pris de petites « fessées » sur la couche. Ce à quoi il a répondu avec ses mots d’enfant et ses grands yeux tous ronds d’étonnements « pourquoi taper Maman ? Interdit taper ». Oui en effet mon lapin, je t’apprends à ne pas taper et aujourd’hui, parce que je n’ai pas d’autres solutions, j’essaye de te faire taire en te tapant.

Je pense que l’éducation positive, bienveillante, a bien de bénéfices dans leur quotidien d’aujourd’hui mais surtout pour leur avenir, dans leur équilibre, leur confiance en soi et la personne qu’ils deviendront. Je me rappelle encore de l’incompréhension que je ressentais quand je prenais une gifle lors d’une réplique un peu insolente alors que je n’avais certainement besoin que de réassurance ou autre dialogue plus constructif. Mais il y a 30 ans c’est ce qu’il se passait quand les enfants répondaient. J’ai été l’ado que je ne souhaite à personne, celle qui n’a pas adressé la parole à sa mère pendant 1 an, celle qui passait ses soirées à pleurer dans son lit en se disant que forcément « personne ne m’aime sinon ma vie ne serait pas ce qu’elle est ». J’ai vécu une année horrible à être mal dans ma peau, à être la petite boulotte garçon manqué. Donc oui, je pense que l’éducation positive est indispensable. Appelez-la comme vous voulez, mais un enfant qui grandit dans l’écoute, la valorisation de soi et le respect de l’autre aura plus de chance d’être épanoui plus tard.

Sauf que l’éducation positive a parfois ses limites. Un enfant docile sera forcément hyper réceptif. Mais quand tu as le model « plus compliqué » il arrive forcément un jour où rien ne fonctionne, ni l’écoute, ni la parole. Il arrive forcément ce jour où à bout de force et d’énergie on craque, on crie, on hurle, on essaye de les contenir en leur faisant mal malgré nous parce qu’ils sont en train de se jeter la tête par terre.

Ce jour -à tu culpabilises parce que tout ce que tu as lu sur le sujet te revient en flash. Il avait besoin d’écoute et j’ai crié. Il avait besoin d’un câlin et je suis sortie de la pièce en claquant la porte. Sauf que ce qu’ils ne te disent pas dans les livres quoi faire quand t’as tout essayé. Quoi faire quand toi-même tu ne crois plus en rien, plus à aucune méthode d’éducation. Il m’arrive régulièrement de me dire « il n’est pas normal » ou « on a forcément quelque chose de mal puisque ça ne fonctionne pas ».

Nous, on a le model « compliqué». Il est bougeons certes, un peu polisson comme tous les enfants. Jusque-là, rien de bien dur à gérer. Mais il est compliqué dans le sens où par moment tout est compliqué, rien n’est fluide, tout passe forcément par une crise. SweetL est hyper sensible, la moindre émotion ressentie dans son petit corps se traduit par une réaction démesurée dans les larmes et les hurlements. Mettre ses chaussures quand ce n’est pas le « bon » moment prend souvent 15 minutes et se termine avec une crise de 30 minutes. C’est forcément toujours quand on est pressés/en retard/prêts à partir bosser que ça se passe donc le niveau d’écoute de notre côté est très faible et on monte vite en pression. Des exemples du quotidien de ce style je pourrais vous en citer des centaines. En fait, tout est compliqué, s’habiller, manger, marcher jusqu’à la crèche, prendre le bain, mettre une couche, en ce moment, et ce depuis des semaines, il ne veut RIEN faire de ce qu’on lui demande de faire. C’est une guerre perpétuelle. Et chaque jour on perd un petit bout de patience jusqu’au jour où la coupe déborde et là, c’est le drame, puisque nous même, ses piliers, on perd aussi pied et tous ses repères s’effondrent.

Je le vois ces jours-là, dans ses yeux, qu’il a peur. Peur qu’on ne soit plus ses parents, peur qu’on ne soit plus les figures inébranlables de sa vie. Et ce regard me renvoie une image de moi qui me fait peur. Et je culpabilise de plus belle.

Alors je pense qu’à ce moment-là il faut arrêter de lire tout ce qu’on trouver sur le sujet et qu’il faut se faire confiance même si c’est dur, même si on y croit plus.

Il faut leur faire confiance aussi, parce que les plus forts dans l’histoire c’est eux, c’est pas nous.

Et il faut se dire que cette période va passer et essayer, en attendant, de leur donner les meilleures armes pour sortir eux même de cette période de trouble.

Parce que j’en suis convaincue, si c’est dur pour nous de les voir se perdre, c’est encore plus dur pour eux. Ils ressentent 3 émotions différentes à la seconde, ils ne savent pas gérer, encore moins que nous.

Je n’ai jamais autant travaillé sur moi que depuis que j’ai SweetL. Et je le remercierai un jour de tout ce bien qu’il m’aura apporté dans ces périodes « difficiles ». Je n’ai jamais autant rêvé d’être une personne zen, qui prend tout avec calme et douceur. Mais je ne suis pas cette personne. Je suis nerveuse, je prends tout à cœur, trop à cœur. Alors avec lui j’apprends, chaque jour qui passe, la patience, l’écoute de l’autre et surtout le lâcher prise. Lâcher prise des « qu’en dira-t-on ». Lâcher prise du regard des gens. Lâcher prise de tout.

Je lui ai déjà dit des mots forts, trop forts. Des mots qui je pensais me feraient du bien pour lui faire du mal. Mais je ne lui ai jamais dit qu’il me faisait honte. Jamais. Parce que je suis tellement fière de lui.

J’angoisse souvent en pensant au futur, en me disant que s’il n’apprend pas à gérer ses émotions il sera torturé une fois adulte.

Mais je lui fais confiance et je sais que tout le travail qu’on fait aujourd’hui, toute la patience dont on peut faire preuve, ça l’aidera à se construire plus tard.

Mon petit garçon, je le sais, je l’espère, tu deviendras un homme respectueux des autres, qui aura confiance en toi-même et qui aura des valeurs inébranlables.

Education positive

Voyager (loin) avec un enfant

Parce que j’ai beaucoup cherché sur le net pour anticiper un maximum je me suis dit qu’il pourrait être utile pour beaucoup de faire un petit post à ce sujet.

Nous sommes donc partis 2 semaines en Thaïlande avec un bonhomme de 2 ans ½. J’essaye de récapituler dans ce billet TOUT ce qui m’a été utile ou ce qui nous aura manqué pour passer le meilleur séjour qu’il soit sans se laisser prendre au dépourvu.

Règle n°1 : s’aimer beaucoup, avant et surtout pendant

« Voyager avec un enfant » c’est à des années lumières de « voyager en couple ». Même si les enfants ont tendance à vite s’adapter, ne partez pas du principe que vous déciderez du rythme à donner, c’est lui qui donnera le rythme. Les soirées seront plus courtes quand à 21h il s’endormira sur la table du restaurant, vous serez obligés de lever le pied quand au bout d’une semaine sans sieste il accusera le coup, vous serez les 1ers à la table du petit déjeuner quand il aura décidé qu’à 6h30 le jour s’est levé donc lui aussi.

Quasiment tous les matins ont été rythmés par des « arrête de chouiner, les gens n’ont pas envie d’entendre un petit garçon pleurer dès le matin ». Il a fallu composer avec la gêne du Papa qui ne supportait pas d’imposer à nos voisins de petit déjeuner un petit bonhomme « bougeon ». Il a fallu lâcher un peu prise quand il refusait de manger à chaque repas et nous réclamait à manger 1h après.

Nous avons également fait 2 semaines de cododo puisqu’aucun lit n’était mis à sa disposition. Cela signifie donc une intimité plus que réduite. Il ne faut pas partir pour lui faire un petit frère hein ! Mais quel bonheur de se réveiller chaque matin avec un petit bisou tout mouillé sur la joue et un « Maman ? soleil dehors. Reveille toi Maman ».

Malgré tout ça SweetL nous a surpris à bien des reprises en s’endormant sur le bateau en pleine tempête de mer ou sur la plage entre 2 « maman pourquoi les poissons »quand il s’effondrera sur sa serviette sans même prendre la peine d’enlever ses brassards.

Règle n°2 : anticiper le moindre petit bobo

La préparation de la trousse à pharmacie m’a pris 2 fois plus de temps que les bagages à proprement parlé. Je voulais anticiper toute les mauvaises surprises, je suis donc allée chez notre médecin traitant qui m’a fait une ordonnance. Pour avoir vécu l’expérience en Espagne où il nous a fallu trouver du Célestène sans parler un mot d’Espagnol, je voulais éviter autant que possible de devoir rentrer dans une pharmacie et prendre le risque de ressortir avec quelque chose de dangereux pour mon enfant.

J’ai donc fait 1 trousse à pharmacie « complète » que j’ai mis dans les bagages en soute dans laquelle j’avais tout pour soigner une dent qui sort, une gastro, une laryngite, de la fièvre, c’était un peu l’UNICEF dans mes bagages. Et j’avais fait un petit condensé que j’ai glissé dans les bagages à main pour éviter de se retrouver dans l’avion avec une poussée de fièvre sans avoir rien à lui donner.

Nous n’avons eu à gérer qu’un grosse chute dans la douche qui nous a valu des litres de sang (au moins) et un profil de boxer, une molaire qui nous a bien occupés pendant 3 jours à 40° de fièvre et une toux incécente traitée à coup de ventoline (SweetL est asmathique).

Règle n°3 : les transports

SweetL a 2 ans ½ et malgré son grand âge nous l’avons porté pendant 2 semaines. Il n’a pas aligné plus de 10 m à pied, il voulait être constamment dans les bras : le sable ça brule, les cailloux qui rentrent dans les crocs ca piquent, les petits morceaux de coraux sur la plage ça fait mal, les gens poussent pour monter dans l’avion/sur le bateau. Nous avons donc emmené notre ergobaby que nous ne pensions pas sortir aussi souvent avec les 15 kg de SweetL. Et pourtant il a dormi dedans de nombreuses fois, laissant les mains de Maman libres, et permettant à Papa de gérer nos 3 énormes sacs. Cela nous a aussi permis à de très nombreuses reprises de le « contenir » et nous a évité de lui courir après de nombreuses fois notamment quand nous avons attendu la navette de l’hôtel pendant ¾ d’h à l’aéroport après 13h de vol ou quand nous attendions le ferry pendant plus d’une heure avec de nombreuses personnes prêtes à pousser un enfant dans l’eau pour monter en premier dans le bateau. Nous avions abandonné la poussette et nous avons bien fait, impraticable là bas sachant que nous n’avons fait que des îles.

Règles n°4 : la vie là bas

Nous avons un peu fait tomber tous nos principes une fois sur place pour que le séjour se passe au mieux pour nous 3 : tablette avec Peppa Pig et compagnie pour le faire patienter au restaurant, goûter n’importe quand dans la journée car il n’avait rien voulu manger au repas, cododo, etc. Mais une fois rentrés à la maison tout est rentré dans l’ordre, il avait bien compris que c’était « les vacances ».

Nous avons utilisé la nourriture pour l’occuper. Et oui. Bonbons pour patienter dans la file d’attente à l’aéroport, gouter pour occuper les 3h de bateau, crackers pour le faire tenir jusqu’à l’heure du déjeuner à 15h. Pour des psychopathes de la nourriture comme nous (chez nous pas de chips, pas de soda, pas de grignotage, des légumes à tous les repas) c’est un exploit mais ça nous a sauvé à bien des occasions.

Il a de nombreuses fois été au coin. Il nous a de nombreuses fois poussé dans nos retranchements. Mais à chaque fois cela s’est soldé par une grosse sieste qui a tout remis dans l’ordre. Et pour récompenser nos efforts, nous avons eu à plusieurs reprises les félicitations de nos voisins de chambres d’hôtel, d’avion ou de bateau à propos de notre petit garçon qui était très sage.

 

Côté TRES pratique : pour ceux et celles que ça intéresse 😉

L’occuper pendant 14h de vol : nous avions prévu la tablette avec quasi 10h de dessins animés dessus. SweetL n’a pas regardé la TV de l’avion, il fallait mettre un casque, concept auquel il n’a pas adhéré. Nous avions emmené un gros cahier de coloriage qui nous a sauvé la vie et occupé de nombreuses minutes. J’avais prévu des bib de lait, gâteau et compagnie, il n’a touché à aucun plateau repas qui arrivaient à chaque fois quand il dormait. Les vols se sont extrêmement bien passés, nous ne l’avons pas entendu, il n’a pas bougé, chose TRES exceptionnelle pour notre petit bougeons. Il a dormi 2 x 3h30 à l’aller (un vol de nuit + un de jour) et 2 x 2 h au retour (les deux vols de jour).

Les vêtements : j’avais prévu pour SweetL une tenue de rechange pour chaque trajet et grand bien me fasse puisqu’à l’aller il s’est renversé dessus une bouteille de jus d’orange lors de notre escale à Dubaï. Et au retour une envie de faire pipi sur la fin du 1er vol alors qu’on avait plus le droit de se lever nous a valu un pantalon et un slip à changer. Dans la valise j’avais prévu un t shirt par jour + 5 ou 6 shorts et 2 tenues « longues » en cas d’attaque de moustiques. Et des milliers de slip … qui ne nous ont quasi par servi puisqu’il passait son temps en maillot de bain !

Nourriture : SweetL étant intolérant au lactose j’avais emmené environ 2 semaines de son lait en poudre (et de SON cacao, monsieur a ses petites habitudes) ainsi que 2 biberons. Il faut savoir que sur place il n’a RIEN mangé, il a perdu 1kg en 2 semaines qu’il n’a pas encore repris. Il s’est nourri exclusivement de riz et de banane (bonjour le transit). Il a fallu ruser pour lui faire manger autre chose (des pâtes, faut pas déconner non plus).

Sucettes / Doudou : J’avais emmené 8 sucettes pour pallier aux diverses pertes (nous avons perdu nos 6 sucettes lors de nos vacances en Espagne et impossible de retrouver sur place la seule marque qu’il accepte. Le drâme). J’en avais mis un peu de partout, bagages à main, soute, mon sac à main, sac à dos … Idem pour les doudous, on avait THE doudou avec nous et le doudou de la crèche était dans les bagages en soute « au cas où ».

Divers : j’avais prévu un drap housse bébé au cas où on trouve une chambre avec lit parapluie, une gigoteuse été et des pyjamas longs pour pouvoir dormir avec la clim sans risquer une pneumonie, une sorte K-way pour affronter les pluies tropicales, t-shirt UV obligatoire pour raccourcir la torture de tartinage de crème, un bracelet anti moustique.

 

Désolé pour la longueur de l’article. Je pense n’avoir rien oublié. Beaucoup m’ont demandé sur mon compte Instagram un retour d’expérience, j’espère que je n’ai pas été trop longue mais il y en a énormément de choses à penser surtout si vous avez le model « vieux gars qui ne change pas ses habitudes ».

Ah et dernier conseil qui vaut pour tout le monde : mixer les vêtements de tout le monde dans chaque sac en soute. Imaginez si un seul sac arrive à destination sur les 3. Tout le monde pourra quand même changer de culotte à l’arrivée !

 

Bon voyage à tous et n’hésitez pas, c’est de la logistique, mais quel bonheur de voir leurs yeux briller devant les éléphants !

Et pour les interessé(e)s vous pouvez trouver un résumé de ce beau voyage sur mon compte Instagram : @nellymastro.

 

SweetL, sa santé fragile et les batailles médicales

SweetL fait parti des enfants à la santé fragile. On ruine la sécu avec des consultations pédiatrique, médecins en tout genre et spécialistes. 
Depuis sa naissance nous ne pouvons que constater que le milieu médical est adapté seulement quand tu n’as besoin de rien. 
Déjà sa naissance. Qui nous a été volée à cause certainement d’une erreur médicale a un moment ou un autre. À 36 semaines je « gouttais ». Appel à une sage femme qui m’envoie bouler « c’est rien si vraiment vous avez du temps à perdre venez mais c’est certainement rien ». Ok, je vais rester chez moi devant tant de compassion. Finalement j’avais fissuré la poche des eaux, nous ne l’avons su que 2 semaines plus tard. Les conséquences auraient pu être dramatique. Jour J « il est gros mais il passe, vous avez le gabarit ». Visiblement pas tant que ça puisque non, il ne passait pas. 
À 4 mois SweetL arrête de dormir, nous fait passer des nuits d’enfer à hurler, ne veut plus de ses biberons, régurgite en jet à longueur de journée, fait laryngite sur laryngite. « C’est un bébé c’est normal ». J’ai du me prostituer pendant 2 mois pour avoir un traitement RGO que j’ai eu après une consultation aux urgences pédiatriques où le médecin m’annonce que mon bébé à l’oesophage complètement brûlé à cause de ses reflux. Tout à fini par rentrer dans l’ordre. Il a été sous traitement jusqu’à ses 2 ans. Pour quelque chose de « normal » c’est long 2 ans quand même. 

À 9 mois rebelote. SweetL se transforme en bébé démoniaque, il nous tape, est agressif, se vide littéralement à longueur de journée, refuse de dormir ne serait ce qu’une minute. Mon pédiatre me regarde consterné. « Madame c’est normal, c’est l’âge, vous avez signé ». Après plusieurs spécialistes homéopathe, micro kinésithérapeute et j’en passe je tombe sur un mec perché mais qui me lache un « intolérance au lactose ». Qu’importe l’avis de mon fameux pédiatre sur ce terme beaucoup trop à la mode pour lui, je remplace son lait par un lait de riz, je supprime toute source de lactose, tout rentre dans l’ordre en 3 jours. La encore on a bataillé 1 mois à chercher par nous même une solution qui aurait pu nous être donnée par notre medecin. 

Été 2016, SweetL fait 3 bronchiolites en pleine canicule. « Il a les bronches fragile Madame. Tous les enfants toussent ». Je consulte notre médecin traitant qui nous envoi voir un pneumopediatre. Au grand damn de mon pédiatre qui nous rie littéralement au nez. La pneumopediatre me dit une phrase qui me met en colère « Non Madame, c’est faux, tous les enfants ne toussent pas tout le temps, toute l’année ». Le rdv confirme un asthme si nourrisson. C’est pas grave, c’est courant, ca passe en grandissant. SweetL est mis sous corticoïdes pendant 6 mois et on nous équipe de ventoline à lui donner en automédication des qu’il tousse. Depuis ce rdv début décembre SweetL n’a plus été malade une seule fois. 

Prochaine étape, opération des végétations et aérateurs dans les oreilles. Parce que SweetL a un petit retard de l’audition. Petit retard qui n’est pas forcément handicapant à son âge mais qui fatigue parce qu’il est obligé de se concentrer plus que les autres pour écouter. Ce qui pourrait être problématique à l’entrée à l’école. Ce qui pourrait retarder son développement du langage. 

Vous aurez bien compris que je ne vois plus mon pédiatre. Il est pourtant réputé et, je pense, très bon. Mais, comme il me l’a déjà dit, le problème des enfants est souvent les parents. C’est peut être lui qui n’a pas tout compris finalement. 

Moi ce que j’ai retenu c’est qu’il faut toujours suivre son intuition de Maman. Parce que ceux qui connaissent le mieux un enfant restent encore ses parents. 

Je m’en veux et je leur en veux

Hier le coucher a encore été une catastrophe. 2h30 pour endormir SweetL qui ne voulait clairement pas s’endormir tout seul. On avait décidé qu’il en était capable puisqu’il le faisait encore il y a 3 semaines alors on a engagé un combat du plus fort. Le ton est monté, on a expliqué, on est remonté, on a rassuré, on a résisté et puis j’ai perdu pied. J’ai perdu mon sang froid, j’ai crié, fort, je lui ai dit des choses absurdes sans queue ni tête. Des choses auxquelles il a répondu, du haut de ses 30 mois, de manière très intelligente. De manière beaucoup plus intelligente que mon comportement. J’ai fini par le menacer, le laisser me hurlant « gros câlin maman » dans son lit et j’ai claqué la porte en lui disant que Maman n’avait pas envie de faire un gros câlin. Il a fini par s’endormir à 22h30 d’épuisement avec son père à ses côtés qui le rassurait.

Je me déteste d’avoir perdu mon sang froid.

Je me déteste d’avoir été la mauvaise mère incapable de se contrôler.

Je me déteste de m’être emportée face aux cris de désespoir de mon tout petit garçon qui avait juste besoin de réassurance.

Et je déteste encore plus cette société qui te dit qu’un enfant de 2 ans DOIT s’endormir seul.

Je déteste cette société qui te dit que lui tenir la main pendant qu’il s’endort n’est pas une solution.

Je déteste cette société qui te regarde du coin de l’œil quand tu dis que ton enfant de 30 mois ne fait pas ses nuits.

Je déteste le moule de cette putain de société dans lequel il faut rentrer parfaitement faut de quoi les mots caprices, 5/10/15 et autre punitions te sautent dessus.

Je déteste tous ces gens qui te répètent sans relâche depuis la naissance de ton enfant que « attention, il va prendre des mauvaise habitudes, vous allez en chier après ».

Je déteste tous ces gens qui te regardent avec des yeux réprobateurs quand tu racontes que depuis 2 semaines ton enfant a besoin de toi à ses côté pour s’endormir.

Je déteste tous ces gens qui ne comprennent pas que, oui, ton enfant a des problèmes de sommeil. Que non, une simple nuit chez Papy Mamy ne règlera pas le problème. Que non tu ne veux pas « l’abandonner » un weekend pour te reposer alors que tu te bouffe les doigts tous les jours de savoir ce qui ne tourne pas rond dans sa tête.

Hier je me suis détestée d’avoir entendu et surtout écouté tout ça tourner dans ma tête. Je me suis détestée d’avoir suivi les codes de cette société plutôt que les besoins primaires de mon enfant.

Alors hier je n’ai pas mangé, je me suis écroulée de larme de culpabilité et j’ai espéré qu’il se réveille cette nuit pour pouvoir le serrer dort dans mes bras, m’excuser de ces cris inexcusables et pouvoir enfin faire ce qu’il me demandait. Jouer mon rôle de Maman. Lui donner l’amour démesuré dont il a besoin en ce moment. Le rassurer plus que de raison parce qu’il a peur de dormir, peur du moindre bruit qui le réveille en sursaut au milieu de la nuit, peur de se retrouver tout seul dans son lit sans réussir à trouver le sommeil.

 

Alors cette nuit, comme toutes les nuits depuis 3 semaines, il s’est réveillé et je l’ai rendormi 2 fois dans la pénombre de sa chambre. Cette nuit, comme toutes les nuits, j’ai fini par m’allonger à ses côtés et on a dormi sereinement jusqu’au petit matin. Sans culpabilité. Sans mauvaises habitudes. Juste dans l’amour de la chaleur de sa maman à ses côtés.