L’éclaircie après la tempête 

Celles qui me suivent sur Instagram le savent, ces 4 derniers mois ont été très éprouvants pour nous 3 avec un SweetL plus que difficile. Une année 2017 qui débutait pourtant bien et puis un Papa qui est parti 1 semaine en déplacement. Et la, le début du tunnel. 3 mois de nuits absolument horribles avec entre 3 et 10 réveils par nuit. Un passage dans le lit de grand plus que chaotique avec une visite nocturne dans notre chambre toutes les heures. Un grand bébé qui souffre d’une peur de l’abandon surdimensionnée, un petit garçon en détresse totale, des parents au bout du rouleau. 
« Et t’as essayé l’homéopathie? » 

Je n’y crois pas et pourtant… Ca ne coûte rien. Il faut trouver une solution pour l’apaiser. 

6 semaines plus tard je peux enfin dire qu’on a retrouvé notre enfant. On avait oublié à quel point la vie peut être douce à ses côtés. 

Moi qui certains soirs avait peur de rentrer du travail, peur de l’état dans lequel j’allais le trouver, peur de vraiment toucher le fond tellement je m’inquiétais pour lui. Aujourd’hui je cours de nouveau chaque soir pour le retrouver. Pour le retrouver lui, sa joie de vivre, sa bonne humeur. 

Enfin, son rire retenti de nouveau dans notre maison. Enfin, son sourire a pris la place des larmes et des cris de frustration. Enfin, on est de nouveau une famille épanouie. 

On a, je pense, vécu un terrible two poussé très loin. On a été pas loin de toucher le fond, moi surtout, maman angoissée on ne se refait pas. On a peut être gâché sa vie avec une seule petite erreur? Et si il était encore comme ca en grandissant, comment va-t-il survivre dans notre monde? 

Et un matin… apres quelques nuits « moins pires »…. « non mon Loulou, tu ne peux pas faire ca ». D’accord Maman. 

Il m’a dit d’accord. Il a accepté ce « non » et est parti faire autre chose. 

Depuis ce matin la, nos journées sont rythmée par son humour dont nous sommes des plus grands fans, sa malice qui nous fait sourire et nous empli de fierté, son rire si communicatif, ses yeux plein d’étoiles à chaque fois qu’on lui dit qu’on est fiers de lui. 
Aujourd’hui, il n’y a quasiment plus de crise. Quand la pression commence à monter c’est qu’il est l’heure d’aller se coucher. 

Aujourd’hui on arrive à détourner son attention d’un objet convoité interdit en 2 secondes et une petite phrase.

Aujourd’hui on lui dit NON sans que cela déclenche une guerre nucléaire.
Aujourd’hui on vit tout simplement. Fini la survie, on vit tout court. Et on souffle aussi… 
Que la vie est facile quand on ne s’angoisse pas chaque jour qui passe pour le bien etre mental de son enfant.
J’écris cet article pour me souvenir. Me souvenir qu’au bout du tunnel il y a toujours la lumière. Me souvenir que dans ces périodes de tourmente il y a toujours l’apaisement à la clef, quelque part. 
Est ce l’homéopathie? Est ce cette dernière molaire qui a fini par percer? On ne le saura jamais. Mais on savoure… 
Je sais que dans quelques jours, semaines ou mois nous serons de nouveau confrontés à une période « difficile ». SweetL fonctionne comme ca, pas phase, par cycle. Mais je ne veux pas oublier, quand cette nouvelle phase arrivera, qu’elle repartira comme elle est venue. 
Que je t’aime mon Lapin quand tu es épanoui. Que j’aime vivre à tes côtés. Que j’aime te voir grandir. 

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Notre petit quotidien (bien) huilé … ou pas !

Parce qu’écrire ses états d’âme morbides et désespérés ça va 5 minutes, aujourd’hui je vous fais un petit billet sur notre quotidien, ce qui n’a donc RIEN A VOIR avec ce que j’écris habituellement. On verra si je réitère l’expérience par la suite J

Nous avons une situation un peu particulière à la maison. Si moi j’ai des horaires de bureau qui ne changent pas, à l’exception d’une réunion tardive de temps en temps et de quelques déplacements pro, le chéri lui a un rythme totalement atypique ! Il peut travailler 6 jours dans la semaine comme ne pas travailler du tout. Il peut travailler à la journée comme il peut partir 1 semaine complète en déplacement. Bref, chez nous, le calendrier sur la porte du frigo n’est pas un mythe mais une obligation !

SweetL va à la crèche 3 jours par semaine, du mardi au jeudi. Le lundi et le vendredi il reste à la maison avec son Papa. Et quand Papa bosse et qu’il n’y a pas de dispo supplémentaires à la crèche, Maman pose un RTT ou alors on fait venir les grands parents qui se font une joie de passer une journée entière avec lui.

Grosso modo, je gère le matin, papa gère le soir. Si Papa ne travaille pas il gère les multiples réveils nocturnes et récupère le matin avec une mini grasse mat. Si Papa travaille …. Je me fais avoir ! 😉

Les Lundi et Vendredi sont donc les jours où j’arrive au boulot à l’heure puisque généralement je laisse Papa dormir jusqu’au moment où je pars MAIS je lui laisse le paquet en pyjama, à peine nourri, couche pleine en train de végéter devant Peppa Pig (Montessori, si tu passes dans le coin, fais demi-tour).

Les autres jours de la semaine par contre il me faut être un peu plus organisée. Ça fait 2 ans que j’essaye de me lever avant SweetL pour avoir le temps de me doucher et me préparer avant qu’il se lève. Sauf qu’il est né avec l’option se réveille à l’aube (voir bien avant l’aube) donc ça fait globalement 2 ans que je n’ai pas entendu mon réveil sonner.

SweetL arrive généralement dans notre chambre entre 6h et 7h (ok, plutôt 6 que 7) avec ses 8 doudous dans les bras et avant même de nous dire bonjour il nous fait le compte rendu détaillé de toutes les frasques nocturnes de ses doudous. « Lapin tombé du lit Maman, polisson lapin, moi mis au coin lapin » « doudou parti travail, fais biyou avant partir travail doudou ». Si c’est une heure descente pour se lever je le happe à la va vite pour ne pas qu’il réveille son père (sinon j’essaye de le coller dans le lit avec nous pour gratter une petite demi-heure de sommeil).

Je le prends avec moi dans la salle de bain pendant que je me prépare. Il est plutôt cool parce qu’en général il ne bouge pas (bon j’avoue, depuis quelques semaines il a pris la mauvaise habitude de se regarder un petit dessin animé sur mon téléphone, assis sur le marche pied de la salle de bain, et me crie dessus à chaque fois qu’il prend une goutte d’eau). Puis petit dej. Et départ à la crèche entre 8h et 8h30. On a la chance d’habiter un petit village, on va à la crèche à pied puisqu’elle est à environ 150m de la maison. SweetL choisi s’il veut y aller en trottinette ou en draisienne. Sachant qu’une nouvelle règle a fait son apparition depuis quelques temps. S’il y a le moindre caprice le matin, privé d’objet roulant. La 1ère fois ça a été un drame intersidéral. Mais il a TRES vite compris. Le trajet peut donc prendre 5 minutes comme 25 minutes avec le combo caprices/hurlements/roulage par terre sur le passage piéton. Je dois avouer que depuis quelques semaines je le prends de manière plus calme (je ne suis pas du matin et lui non plus, je vous laisse imaginer nos discussions au petit dej) et du coup tout va beaucoup mieux. J’ai enfin compris qu’en perdant 1 minutes à le câliner pour ne pas qu’il monte en pression je gagne 15 minutes de caprice inutile. 2 ans ½ pour comprendre ça ….

Une fois déposé à la crèche, je cours au boulot, il est entre 8h15 et 8h55, chez nous aucune journée ne se ressemble et tout dépend de l’heure de lever de Monsieur. Encore une fois, une chance, je bosse à 8 minutes en voiture.

Le soir Papa le récupère à 17h45 quand il ne bosse pas, sinon c’est moi (dans ce cas ça signifie que je me suis fait une journée non-stop sans pause dej pour justifier mon 8h30-17h30). Il est à la maison aux alentours de 18h. Chez nous la course du soir n’existe pas et on en est TRES reconnaissants. On rentre tôt et on en a qu’un à gérer. Généralement Papa va au bain et moi je prépare à manger en rentrant du travail. Les garçons descendent aux alentours de 18h45. SweetL mange à 19h pétantes sinon après il commence à fatiguer et devient ingérable. On ne mange pas encore avec lui le soir. C’est notre seul moment « à la cool » où on est que tous les 2 et on veut le conserver autant que possible (et oui oui nous assumons parfaitement).

A 19h45 on commence à embrayer le « allez au dodo ». Théoriquement à 20h il est couché et à 20h30 on se pose pour enfin manger. Théoriquement. Depuis le changement d’heure il lui arrive de galérer pendant 1h30 pour s’endormir. Mais, contre toute attente, il est sympa, parce qu’il reste dans son lit et ne dit rien. Il se passe en général une bonne heure avant qu’il nous appelle car il n’arrive pas à dormir. Et puis il fait beau et jour tard donc, en ce moment, il se couche un peu plus tard.

La rentrée à l’école va nous bousculer un peu en Septembre puisque nous aurons un impératif horaire à respecter (j’ai peur). En attendant on profite et on savoure. On savoure aussi de n’en avoir qu’un à gérer. Un qui déteste la contrainte, certes, mais un seul quand même. Quand il faut le prendre à l’horizontal sous le bras pour réussir à traverser la place du village c’est toujours plus pratique de n’en avoir qu’un !

Et chez vous alors, c’est plutôt militaire ou plutôt cool le quotidien ?

Et si c’était la dernière fois que tu les voyais ?

Depuis toujours et pour je ne sais quelle raison, une chose me terrifie. Et cette chose me fait encore plus peur depuis que je suis devenue Maman. La mort.

Il n’y a pas un jour qui passe sans que je me dise « Et si … ».

Je n’ai pourtant vécu aucune perte tragique en dehors des suites logiques de la vie. Je dirais même que j’ai assisté à quelques petits miracles dont celui du cancer du sein de ma Maman qui s’est soldé par une victoire par KO très rapidement. Mon grand-père revenu d’entre les morts à presque 80 ans. Et pourtant …

Je vis avec la constante peur de perdre quelqu’un de proche. Mon homme et mon fils en tête de liste bien évidemment.

Chaque fois que je les vois partir en voiture pour un trajet un peu plus long que les trajets quotidiens je ne peux m’empêcher de me dire que c’est peut-être la dernière fois que je les vois vivants.

Chaque fois qu’un évènement dramatique arrive à mes oreilles je ne peux m’empêcher de me dire que ça aurait pu être nous, eux, lui.

Alors plus le temps passe plus je me dis qu’il faudrait que je consulte. Cela ne m’empêche pas de vivre. Cela ne m’empêche pas de faire les choses. Pas encore. Mais est-ce que ça va venir ?

Je viens d’une famille Italienne où le « mauvais œil » existe. Le mauvais œil est jeté sur une personne que les gens envient. Ma grand-mère conjure le mauvais œil. Je ne dis pas que je crois en ces choses. Mais je ne dis pas que je n’y crois pas non plus. La légende raconte aussi que notre famille est à l’abri du malheur pour 7 générations. Je suis la 3ème. Je devrais donc être tranquille.

Ma mère est la personne la plus naïve qui existe à ce sujet. Quand j’avais 18 ans j’ai eu un gros accident de voiture duquel je suis sortie miraculeusement indemne. Les gendarmes sont allés frapper à la porte de mes parents à 2h du matin « votre fille a eu un accident de voiture ». Ma mère a pris le temps de se maquiller avant de venir à l’hôpital. Naïve je vous dis.

Alors d’où vient cette peur ? D’où vient cette sensation que la mort peut se trouver à chaque coin de rue et que notre vie peut basculer dans le néant à chaque seconde ?

Je suis née presque morte. Trois tour de cordon autour du cou, ma mère a poussé comme une folle pendant 1h pour me faire sortir en vain. Jusqu’à ce que le liquide amniotique devienne bleu et que les médecins de l’époque comprennent que je suis en train de m’étouffer. Césarienne d’urgence, on me sort, je suis bleue. Je suis vivante mais aucun pronostique n’est donné sur mes chances d’être « normale ». C’est il y a longtemps, à cette époque on ne savait pas, il fallait juste attendre de voir si j’évoluerais de manière normale.

Parait-il que tous les bébés ont une angoisse de la mort quelque part au fond d’eux. Angoisse liée à notre naissance à tous. Qu’elle se passe bien ou non.

L’histoire se répète quelques années plus tard avec la naissance de mon fils que je vous avais raconté il y a quelques mois. Même histoire. Il est né presque mort. Je ne vous la refais pas mais ce jour-là j’ai compris que toute ma vie je vivrais dans la peur qu’un jour on m’enlève ce qui m’est le plus cher : sa vie. Comme tous parents me direz-vous. Car oui, en signant, en devenant parent, on accepte que notre vie ne tienne plus qu’à ces vies que nous créons.

Alors j’ai peur.

A chaque fois que la vie nous rappelle que nous ne sommes rien dans l’infiniment grand.

A chaque fois qu’une vie s’échappe injustement.

A chaque fois qu’une fraction de seconde suffit pour détruire une famille.

Aujourd’hui je vie donc avec une petite phrase sournoisement coincée quelque part dans ma tête « Et si c’était la dernière fois que tu les voyais ? ».

Alors je leur dis que je les aime à chaque fois qu’ils franchissent le pas de la porte. Ça ne changera rien mais, si ce jour devait arriver, je veux être sûre qu’ils sachent que je les aime plus que tout.

 

 

Ce que la maternité m’a appris

Ce que j’ai appris en devenant Maman se résume à 5 points essentiels. 5 points qui ont changé mon quotidien.

La négociation

Négociateur de raid ou finaliste de Koh Lanta, j’ai pas encore choisi ma future vocation. Mais une chose est sûre, une mère de 3 têtes blondes est en mesure de déjouer une prise d’otage en 3 minutes chrono. Quand tu deviens Maman, ta vie ne se résume plus qu’à une seule chose : NÉGOCIER. Je ne parle pas de chantage, attention, le chantage c’est vilain (surtout le chantage aux bonbons , bouh).

Mets tes chaussures mon lapin. Allez, mets tes chaussures on va être en retard. Tu sais si tu mets tes chaussures, comme ça, très vite, je serai tellement fière de toi. Allez loulou, tu mets tes chaussures ? Non tu ne peux pas aller à la crèche en chaussettes. Non Maman ne va pas travailler en chaussettes. Non le chien ne mets pas de chaussure c’est vrai, mais il n’a pas de pied en même temps. Oui, bon, ok, il a des pieds mais tu vois bien qu’ils ne sont pas configurés pour mettre des chaussures. Bon, tu mets tes chaussures ? Comment ça tu n’aimes pas ces chaussures. Tu veux mettre les autres là alors ? Non plus ? Bon alors tu choisis les chaussures que tu préfères et tu les mets ok ? Non plus ? Tu veux que je me fâche ? ah.. oui. Mais tu veux VRAIMENT que Maman se fâche t’es sur ? Parce que c’est pas rigolo Maman qui monte dans les aigues, tu sais bien. Tu mets tes chaussures ? Allez… loulou, fais plaisir à maman, mets tes chaussures…

Bon… si je te donne un bonbon, tu mets tes chaussures ?

Je déconne, on en est pas arrivé là encore mais ça me démange régulièrement.

Remplacez le mot « chaussures » par les mots, au choix, « manteau » « mange tes haricots » ou « c’est l’heure d’aller au dodo », vous verrez, ça marche aussi.

 

Le smile, l’arme contre toute attaque extérieure

Je ne suis pas d’une nature très avenante. Voir je suis même un peu sauvage. Je rêve très souvent d’avoir 2 ans pour pouvoir dire les choses sans filtre « pourquoi la dame elle sent mauvais là ? ». J’ai appris, depuis que je suis mère, que les gens n’en font qu’à leur tête. « Je peux le toucher ? » Bah t’as déjà sa joue entre ton index et ton pouce alors je suis tentée de te dire oui. Mais plutôt que de sortir les griffes à chaque fois je me suis rendue compte que dire les choses avec le sourire était : plus grisant / plus efficace / plus marrant (ne rayez pas la mention inutile, les 3 sont valables).

Dans la queue à la caisse du supermarché, le fameux « je peux (le toucher/le regarder/lui postillonner dessus)? ». SMILE « non merci Madame». Regard gêné, ricanement bête. Elle capitule sans même avoir eu le temps de sortit ses mains de sa poche.

8h30, place du marché du jeudi, SweetL se roule par terre car il n’a pas eu le droit de courir sous le bus en marche. Une fois une petite vieille a voulu lui faire la morale, s’est penché à sa hauteur, et lui a dit un truc qui ressemblait à un « Bouh c’est vilains les caprices, tu sais…  » Elle n’a pas eu le temps de finir sa phrase qu’elle a pris un kick (pas de moi, je suis bien élevée à mon âge) et un « mais arrêttttteeeee ». J’ai eu la honte de ma vie même si j’avais envie de lui balancer un bien fait, mêle toi de tes oignons.

Maintenant, je sors mon SMILE, je relève la tête régulièrement et je lance mes bonjours chantants, comme si l’enfant à côté de moi qui hurle n’est pas le mien. Et ben ça marche ! Personne ne s’arrête. Personne n’essaye de me/lui parler. Mon enfant parait toujours aussi mal élevé. Moi je parais toujours aussi dépassée. Mais au moins personne ne me le dit. SMILE

 

La vie ne tient qu’à une couleur de verre

Et oui, il faut l’avouer, nos préoccupations d’adultes sont pinuts par rapport à la vie d’un enfant de 2 ans. Je pensais que c’était un mythe. Je pensais que les parents en rajoutaient ou exagéraient. Je pensais que Florence Foresti (Big up mon idole) en faisait des caisses pour son spectacle.

Mais non. La légende est vraie. Tu peux ruiner la journée de ton gamin parce que tu ne lui as pas donné le verre de la bonne couleur. Et si ladite couleur est en plus indisponible pour cause de verre dans le lave-vaisselle… Good luck !

Ta journée peut donc devenir un enfer si la banane, à l’étape cruciale de l’épluchage, a eu le malheur de se casser en deux.

Si tu as eu l’indécence de couper l’eau alors que ça ne faisait que 20 minutes qu’il se lavait les mains.

Si dans un moment d’égarement tu as mélangé les gnocchis aux knacki (oui chez nous on fait des repas gastro). Si, pire encore …. Tu as mélangé la sauce bolognaise aux spaghettis. Drame intersidéral.

Je ne vous parle bien entendu pas du cas de figure où j’oserai ouvrir son yaourt à sa place. Ou … j’en frémis d’avance … si j’avais éteins la TV sans le prévenir 42 fois avant.

 

L’avis des autres

Même si je prétends le contraire, bien sûr que le regard des autres m’importe. Je rêverai du contraire mais il faut bien se rendre à l’évidence que je ne suis pas encore capable de passer au-dessus. Mais alors par contre, l’avis des autres, surtout quand tu ne l’as pas demandé, ça, je n’en ai absolument rien à faire.

Au début, j’écoutais. Je répondais même ! Et je perdais une énergie folle à justifier thèse/anti thèse : ma décision, mon avis, ma position sur un sujet, la bêtise des gens, etc. « Non il ne mange pas trop. Oui oui, il va manger ces 2 petits suisses. Ah oui, ça paraît beaucoup mais il en a vraiment besoin vous savez. Non il ne va pas devenir obèse. Oui il arrive encore à manger le soir. Non ça va il les digère bien. Oui il aime bien, je vous assure. Non je ne vais pas lui donner un BN à la place je ne pense pas que ce soit mieux ….. »

Maintenant quand on me donne son avis sur un sujet, je réponds, concise, précise, mais je ne justifie pas, ou peu. « La fessée ? Non, on est contre à la maison, on pense que ça ne sert à rien ». Qu’à cela ne tienne, d’accord, pas d’accord, je ne vacille pas à m’empêtrer dans des explications interminables.

Quand on tente de me convaincre alors que j’ai déjà répondu par la négative ? Je m’en vais. OUI OUI, je me casse. Et si je ne peux pas (à l’apéro chez des potes ça se fait pas de partir paraît-il), je tourne la tête et je prends part à la discussion voisine. Les 2 ou 3 premières fois j’étais mal à l’aise, je tremblais à l’intérieur, et en fait, c’est la méthode miracle. CA MARCHE ! Les gens se taisent.

 

Le self contrôle / la patience (on n’est pas encore méga au point sur ce sujet mais on y travaille très dur)

Attendre ? Je déteste ça. Alors forcément quand mon mini met 25 minutes pour décider de s’habiller le matin alors qu’il est déjà 8h30, j’ai des envies de meurtres ou de ligature des trompes.

Mais en 2 ans ½ d’expérience j’ai appris que si tu gardes ton calme, il mettra 12 minutes pour mettre ses 2 chaussettes. Alors que si tu t’énerves, tu cries, tu transpires, tu flingues ton maquillage, tu lui dis des trucs pas très éducation positive, il mettra quand même 12 minutes pour mettre ses fucking 2 chaussettes et toi t’aura perdu 1h d’espérance de vie. Le résultat est donc le même mais tu vivras 1h de plus. A raison de 260 matins travaillés par an ça fait 4 heures. Avec plusieurs gosses tu dois vite gagner quelques mois de retraite.

 

Je pourrais vous en écrire des tartines parce que, qu’on se le dise, on éduque nos gosses mais eux aussi nous apprennent la vie. Et ils sont plutôt assez forts sur le sujet.

Et vous, vous avez appris quoi? 

SMILE  🙂

 

A toi, la Maman que tu deviendras

Parce qu’il y a 3 ans j’étais bien loin d’imaginer ce que serait ma vie aujourd’hui. Parce qu’il y a 3 ans j’étais pleine de principes d’éducation qui ont été balayés d’un revers de la main. Parce qu’il y a 3 ans je ne savais pas qui se cachait sous mon nombril. Parce qu’il y a 3 ans j’essayais de TOUT envisager.

Mais ce qu’on ne sait pas quand on attend notre 1er enfant, c’est que, de tout ce qu’on aura imaginé, rien ne se passera comme prévu.

A toi la jeune Maman que tu deviendras.

Toi, qui passe tes journées la main amoureusement posée sur ton ventre à imaginer le petit être qui s’y cache.

Toi, qui passe tes journées à te demander si tu seras une bonne Maman capable d’aimer ce petit être que tu ne connais pas encore.

Toi, qui passe tes journées à te demander si le plus dur sera les longues nuits ponctuées de biberons ou les pleurs que tu ne sauras pas calmer.

Toi, cette future Maman en devenir.

Rien ne se passera comme tu m’imagineras. Tu auras beau envisager tous les scénarios, rien de tout ça n’arrivera.

 

Ton bébé ne dormira pas les 1ères nuits. Peut-être qu’il confondra le jour et la nuit. Peut-être que les coliques le feront se tordre de douleur. Peut-être que tu essayeras des dizaines de lait avant de trouver le bon. Toi aussi tu te retrouveras à faire des promenades en poussette à la nuit tombée pour essayer d’endormir ton bébé. Toi aussi tu marcheras des kilomètres dans ton salon en berçant ton bébé. Mais ce que tu ne sais pas c’est que quand, enfin, il trouvera le sommeil, apaisé, tu n’auras qu’une seule envie, être déjà au prochain biberon et le serrer fort dans tes bras car son odeur te manquera déjà.

 

Ton bébé aura besoin de toi. Peut-être qu’il aura besoin de tes bras plus que de raison. Peut-être que tu dérogeras déjà à ton 1er principe en le laissant dormir de longues heures, sa petite tête posé tout contre ton cœur, parce qu’il n’y a que cette mélodie qui saura le calmer. Toi, la future Maman, suit ton instinct et n’écoute pas les « tu ne devrais pas » ou autre « il va prendre de mauvaises habitudes ». Toi seule sais ce dont ton bébé a besoin. Tu es la seule chose dont il a besoin. Tu es son essentiel après avoir passé 9 longs mois à vivre au rythme de tes battements de cœur. Prolonge alors son plaisir encore quelques mois. Le moment où il te repoussera car il est devenu trop grand pour un câlin sera si vite arrivé.

 

Tu sais que ta vie, votre vie, va être mise à sac pendant quelques semaines/mois. Tu sais que votre vie de couple va changer. Tu sais que rien ne sera plus pareil, que les resto se feront plus rares, que les week end en amoureux ne seront plus qu’un lointain souvenir pendant plusieurs mois/années. Tu dis à qui veut bien l’entendre « nous on le laissera régulièrement pour se retrouver, c’est essentiel ». Toi, la future Maman, ce que tu ne sais pas c’est que tu seras bien incapable de le laisser à qui que ce soit pendant plus d’une demi-journée. Ce que tu ne sais pas c’est que ton couple va être mis à rude épreuve et qu’il y a forcément un moment où vous allez vous retrouver à compter qui a dormi 1h de plus que l’autre. Ce que tu n’imagines pas c’est que ta vie intime va probablement se retrouver réduite à peu de chose pendant quelques temps. Mais ce que tu ne sais pas non plus c’est que ton couple n’en ressortira que plus fort. Que quand vous vous regarderez avec ce petit être entre vous deux vous vous direz « c’est nous qui l’avons fait ».

 

Ton bébé deviendra un jour cet enfant capricieux que tu jugeais au supermarché. « Une chose est sûre, je ne laisserai jamais mon enfant faire ça ». On l’a toutes dit. Toi, la future Maman, tu auras aussi tes moments de honte où une future jeune Maman te regardera du coin de l’œil en se disant « ça, jamais ». Toi non plus tu ne sauras pas quoi faire. Toi aussi tu seras désemparée. Comme cette jeune Maman que tu as croisée quelques mois plus tôt. Et à ce moment-là, au milieu des regards réprobateurs, tu croiseras le regard plein d’encouragements d’une autre Maman qui te diras « courage, ça va passer ». Et contre toute attente, tu feras un câlin à ton enfant hurlant à plein poumons. Parce que toi, la future Maman, tu sais que tout ce dont ton enfant a besoin c’est que tu le rassure.

 

Alors toi, la future Maman, continue d’imaginer ce que ta vie va devenir. Ce que tu ne pourras jamais imaginer, c’est cet amour qui va te retourner les tripes à la seconde même où tes yeux vont se poser sur ce petit être à peine sorti de toi. Cet amour animal que tu vas ressentir pour ton enfant, encore tout chaud de ton intérieur, qui, à l’instant même où on va le poser sur toi, va t’emmener très loin de tout ce que tu pouvais imaginer.

Toi, la future Maman, ta vie va changer pour toujours. Bien plus que tu ne peux l’imaginer. Mais suis ton cœur, écoute ton bébé, lui seul à les clefs pour t’aider à surmonter tout ce que tu n’auras pas imaginé.

 

Notre séance de kinésithérapie

Suite aux nombreux troubles du sommeil de SweetL et face aux heures de retard de sommeil qui s’accumulent, j’étais prête à tout, même à retourner voir ce gars que j’avais détesté quand SweetL avait 1 an. Il avait quand même détecté son intolérance au lactose alors que mon pédiatre ne s’en souciait que trop peu donc je me suis dit que je pouvais retenter l’expérience.

Attention, ce qui suit va certainement en choquer plus d’une. Moi, la cartésienne, la rationnelle, j’ai dû pendant 1h30 mettre mon poing dans ma poche plus d’une fois. Il y a à prendre et à laisser dans cette démarche … même si je pense que tout n’est pas faux.

  1- L’état des lieux

Je lui explique les troubles du moment : problème de sommeil ET un état de colère intense et inapaisable.

Il me pose des questions concernant ma grossesse, sa naissance, son comportement général. Passé sa naissance houleuse qui je pense explique pas mal de chose, commence le « ah il a été dans un parc quand il était bébé ? oui, c’est évident, il a pas assez fait de 4 pattes ». OK… Puis s’en suit un « comment il réagit quand vous lui mettez une fessée ». Heu … On ne met pas de fessée chez nous, on est contre. Levage de yeux au ciel. Ok, on commence bien, bienvenue en 1982.

Ensuite, on balaye ses problèmes de santé, traitements en cours, etc. Il est sous flyxotide ? Des corticoïdes ? Mais ma bonne dame vous savez que vous enfouissez le problème et qu’il finira forcément pas ressortir sous une autre forme. Là je commence à gesticuler sur ma chaise … Laisse le parler, t’es pas venue pour une leçon de morale. J’ai envie de lui hurler que n’étant pas médecin je fais ce qu’on me dit de faire mais je le regarde droit dans les yeux « oui, je comprend ». On va tester l’éducation positive avec le Monsieur, il va adorer.

Il regarde SweetL qui est bien sage depuis les 15 minutes où on parle de lui. Sage … il tourne sur lui-même depuis 5 minutes et joue au « manège ». Mais sage quand même. Il n’a rien cassé, il n’a pas hurlé, ne nous a pas coupé la parole, il est donc sage. « Mais il est hyper actif ». Hein ? « Bah regardez il ne tient pas en place ». Il a 2 ans ½, il est plein de vie et il est 18h15. Il n’est pas hyper actif, c’est juste un enfant. A ce moment-là je suis fière de moi car il ne me déstabilise pas et je garde mon aplomb et mon assurance contrairement à la 1ère fois où je l’ai vu.

    2 – La séance

La Kinésio avec les enfants se pratique en passant par le parent. C’est-à-dire qu’il me fait me coucher sur la table d’auscultation, fait assoir Sweet L entre mes jambes (il suffit qu’il me touche) et lui donne une caisse de jouets pour l’occuper.

Il établit un « contact » entre moi et SweetL pour que ce qu’il fait sur moi lui soit en fait destiné. Tout le monde suit ? Puis il commence à travailler sur les énergies. Là commence le côté un peu « poupée vaudou » mais j’essaye de garder confiance en me disant que cette pratique fait des miracles, il faut y croire.

Plusieurs détails me font dire que mine de rien, sous ses airs un peu perchés, il y a quand même du vrai. Il me dit au milieu de la séance « je ne comprends pas, il y a un problème avec l’élément de l’eau, il revient toujours. Est-ce qu’il boit beaucoup la nuit ? » Heu, oui. Enormément. Alors que je ne lui en ai jamais parlé. Puis il me demande si SweetL ressent le besoin de se lever de table toutes les 2 minutes. En effet, les repas c’est l’enfer, on passe notre temps à le punir et lui courir après (comme beaucoup d’enfants me direz-vous, c’est ce que je me suis dit aussi).

Je vous passe les détails mais il travaille sur la colère, la frustration, l’angoisse et plein d’autres sentiments un peu trop prononcé chez notre bonhomme.

SweetL n’a pas bougé pendant plus d’une demi-heure, je suis bluffée.

    3 – Les conclusions

La séance se termine, il fait appel aux énergies pour trouver les fleurs de bach qu’il faut pour apaiser SweetL (oui oui, il a demandé à mon corps…. Un peu perché je vous dit). Puis il me livre ses conclusions :

  • SweetL a peur de la mort. Ca je l’ai beaucoup lu dans les livres et sur internet. C’est une peur (soit disant) omniprésente chez les petits. Ils ont cette peur qu’ils ne savent pas nommer. Cela viendrait de la naissance. On l’aurait tous eu …
  • SweetL a une angoisse du vide. Quelque chose de viscérale, une angoisse qui lui tort les tripes. Et cela se traduit par une incapacité à rester à table sans bouger pendant 15 minutes, il ne supporte pas qu’il ne se passe rien autour de lui (la nuit, pas de bruit, pour lui c’est l’enfer), il faut qu’il comble le vide en criant, avec une veilleuse, en faisant du bruit.
  • SweetL a, au fond de lui, un sentiment d’échec très fort. Impossible de dire quoi, il faudrait qu’il puisse s’en rendre compte pour mettre des mots dessus, mais régulièrement il se dit « je suis trop nul, je ne fais rien comme il faut ». Et ça, c’est évident. Très souvent je vois l’injustice dans ses yeux. Toujours quelques secondes avant que la situation ne tourne mal et qu’il se mette dans un état de frustration complètement surdimensionné. Et ça il faut qu’on travaille dessus pour aborder les choses différemment. Car c’est inconcevable pour moi qu’il grandisse avec ce sentiment.

Voilà. Une séance qui finalement ne s’est pas trop mal passée malgré un démarrage difficile.

Alors par contre, non, je ne suis pas encore prête à abandonner la médecine traditionnelle au profit de la médecine chinoise ou autre médecine alternative. Même si je suis convaincue qu’on peut faire des miracles autrement qu’avec des médicaments. Je ne suis pas prête à revivre des hivers ponctués de bronchiolites, de samedi passés aux urgences, de kiné respi et autres réjouissances.

Par contre il a mis des mots sur des angoisses qu’on soupçonnait. Ca m’a permis de me conforter dans mon idée que SweetL est un angoissé, un anxieux et que sous ses airs mi ange mi démon, il ne sait tout simplement pas comment gérer tout ca et que tout se bouscule dans sa tête. Un TerribleTwo puissance tornade avec zero répit entre chaque « mauvaise période ».

    4 – Le bilan 2 semaines après

  • SweetL ne dort pas mieux.
  • SweetL fait toujours des colères énormes.
  • SweetL se réveille toujours aux mêmes heures chaque nuit.
  • SweetL a encore été à la crèche en hurlant à pleins poumons pendant 20 minutes parce que j’ai eu le malheur de lui interdire de se jeter sous un bus en trottinette. Mère indigne que je suis ;).

Mais on va travailler sur nous, avec lui, parce qu’à chaque fois il n’y a qu’une seule leçon que je tire de tout ça : ils sont notre plus grande force pour nous aider à avancer, à être de meilleures personnes et de meilleurs parents, à être à leur écoute, et à les aider à se construire de la meilleure manière qu’il soit.

 

Et sinon, j’ai commencé l’homéopathie …. Prête à tout je vous dit ! 🙂

 

Education positive. Positivons l’éducation. Mais arrêtons de nous torturer.

L’éducation positive. L’éducation bienveillante. Vous trouverez plein de mots qui décrivent ce nouveau mode d’éducation bien loin de ce qui se passait quand nous étions nous même enfants. Ce mode d’éducation très année 2 000 que nos parents ont parfois du mal à comprendre parce que « une fessée n’a jamais tué personne » et que « si on les laisse s’exprimer ils vont nous bouffer ».

SweetL est un livre de psycho à lui tout seul. Tu l’éduques pendant 10 ans et tu peux passer une équivalence Doctorat en pédopsy. Jusque-là, en 30 mois, il a traversé toutes les phases clefs du développement de l’enfant avec pertes et fracas, on en a bavé mais on le sait au fond de nous, ce qu’on vit aujourd’hui on ne le vivra pas dans 10 ans. On espère.

Je prône l’éducation positive, SweetL nous a prouvé à de multiples reprises que c’est ce qui marche et non pas ni la force, ni la petite violence ni aucune autre méthodes « d’un autre temps ». Il a bien entendu déjà pris de petites « fessées » sur la couche. Ce à quoi il a répondu avec ses mots d’enfant et ses grands yeux tous ronds d’étonnements « pourquoi taper Maman ? Interdit taper ». Oui en effet mon lapin, je t’apprends à ne pas taper et aujourd’hui, parce que je n’ai pas d’autres solutions, j’essaye de te faire taire en te tapant.

Je pense que l’éducation positive, bienveillante, a bien de bénéfices dans leur quotidien d’aujourd’hui mais surtout pour leur avenir, dans leur équilibre, leur confiance en soi et la personne qu’ils deviendront. Je me rappelle encore de l’incompréhension que je ressentais quand je prenais une gifle lors d’une réplique un peu insolente alors que je n’avais certainement besoin que de réassurance ou autre dialogue plus constructif. Mais il y a 30 ans c’est ce qu’il se passait quand les enfants répondaient. J’ai été l’ado que je ne souhaite à personne, celle qui n’a pas adressé la parole à sa mère pendant 1 an, celle qui passait ses soirées à pleurer dans son lit en se disant que forcément « personne ne m’aime sinon ma vie ne serait pas ce qu’elle est ». J’ai vécu une année horrible à être mal dans ma peau, à être la petite boulotte garçon manqué. Donc oui, je pense que l’éducation positive est indispensable. Appelez-la comme vous voulez, mais un enfant qui grandit dans l’écoute, la valorisation de soi et le respect de l’autre aura plus de chance d’être épanoui plus tard.

Sauf que l’éducation positive a parfois ses limites. Un enfant docile sera forcément hyper réceptif. Mais quand tu as le model « plus compliqué » il arrive forcément un jour où rien ne fonctionne, ni l’écoute, ni la parole. Il arrive forcément ce jour où à bout de force et d’énergie on craque, on crie, on hurle, on essaye de les contenir en leur faisant mal malgré nous parce qu’ils sont en train de se jeter la tête par terre.

Ce jour -à tu culpabilises parce que tout ce que tu as lu sur le sujet te revient en flash. Il avait besoin d’écoute et j’ai crié. Il avait besoin d’un câlin et je suis sortie de la pièce en claquant la porte. Sauf que ce qu’ils ne te disent pas dans les livres quoi faire quand t’as tout essayé. Quoi faire quand toi-même tu ne crois plus en rien, plus à aucune méthode d’éducation. Il m’arrive régulièrement de me dire « il n’est pas normal » ou « on a forcément quelque chose de mal puisque ça ne fonctionne pas ».

Nous, on a le model « compliqué». Il est bougeons certes, un peu polisson comme tous les enfants. Jusque-là, rien de bien dur à gérer. Mais il est compliqué dans le sens où par moment tout est compliqué, rien n’est fluide, tout passe forcément par une crise. SweetL est hyper sensible, la moindre émotion ressentie dans son petit corps se traduit par une réaction démesurée dans les larmes et les hurlements. Mettre ses chaussures quand ce n’est pas le « bon » moment prend souvent 15 minutes et se termine avec une crise de 30 minutes. C’est forcément toujours quand on est pressés/en retard/prêts à partir bosser que ça se passe donc le niveau d’écoute de notre côté est très faible et on monte vite en pression. Des exemples du quotidien de ce style je pourrais vous en citer des centaines. En fait, tout est compliqué, s’habiller, manger, marcher jusqu’à la crèche, prendre le bain, mettre une couche, en ce moment, et ce depuis des semaines, il ne veut RIEN faire de ce qu’on lui demande de faire. C’est une guerre perpétuelle. Et chaque jour on perd un petit bout de patience jusqu’au jour où la coupe déborde et là, c’est le drame, puisque nous même, ses piliers, on perd aussi pied et tous ses repères s’effondrent.

Je le vois ces jours-là, dans ses yeux, qu’il a peur. Peur qu’on ne soit plus ses parents, peur qu’on ne soit plus les figures inébranlables de sa vie. Et ce regard me renvoie une image de moi qui me fait peur. Et je culpabilise de plus belle.

Alors je pense qu’à ce moment-là il faut arrêter de lire tout ce qu’on trouver sur le sujet et qu’il faut se faire confiance même si c’est dur, même si on y croit plus.

Il faut leur faire confiance aussi, parce que les plus forts dans l’histoire c’est eux, c’est pas nous.

Et il faut se dire que cette période va passer et essayer, en attendant, de leur donner les meilleures armes pour sortir eux même de cette période de trouble.

Parce que j’en suis convaincue, si c’est dur pour nous de les voir se perdre, c’est encore plus dur pour eux. Ils ressentent 3 émotions différentes à la seconde, ils ne savent pas gérer, encore moins que nous.

Je n’ai jamais autant travaillé sur moi que depuis que j’ai SweetL. Et je le remercierai un jour de tout ce bien qu’il m’aura apporté dans ces périodes « difficiles ». Je n’ai jamais autant rêvé d’être une personne zen, qui prend tout avec calme et douceur. Mais je ne suis pas cette personne. Je suis nerveuse, je prends tout à cœur, trop à cœur. Alors avec lui j’apprends, chaque jour qui passe, la patience, l’écoute de l’autre et surtout le lâcher prise. Lâcher prise des « qu’en dira-t-on ». Lâcher prise du regard des gens. Lâcher prise de tout.

Je lui ai déjà dit des mots forts, trop forts. Des mots qui je pensais me feraient du bien pour lui faire du mal. Mais je ne lui ai jamais dit qu’il me faisait honte. Jamais. Parce que je suis tellement fière de lui.

J’angoisse souvent en pensant au futur, en me disant que s’il n’apprend pas à gérer ses émotions il sera torturé une fois adulte.

Mais je lui fais confiance et je sais que tout le travail qu’on fait aujourd’hui, toute la patience dont on peut faire preuve, ça l’aidera à se construire plus tard.

Mon petit garçon, je le sais, je l’espère, tu deviendras un homme respectueux des autres, qui aura confiance en toi-même et qui aura des valeurs inébranlables.

Education positive