A toi, la Maman que tu deviendras

Parce qu’il y a 3 ans j’étais bien loin d’imaginer ce que serait ma vie aujourd’hui. Parce qu’il y a 3 ans j’étais pleine de principes d’éducation qui ont été balayés d’un revers de la main. Parce qu’il y a 3 ans je ne savais pas qui se cachait sous mon nombril. Parce qu’il y a 3 ans j’essayais de TOUT envisager.

Mais ce qu’on ne sait pas quand on attend notre 1er enfant, c’est que, de tout ce qu’on aura imaginé, rien ne se passera comme prévu.

A toi la jeune Maman que tu deviendras.

Toi, qui passe tes journées la main amoureusement posée sur ton ventre à imaginer le petit être qui s’y cache.

Toi, qui passe tes journées à te demander si tu seras une bonne Maman capable d’aimer ce petit être que tu ne connais pas encore.

Toi, qui passe tes journées à te demander si le plus dur sera les longues nuits ponctuées de biberons ou les pleurs que tu ne sauras pas calmer.

Toi, cette future Maman en devenir.

Rien ne se passera comme tu m’imagineras. Tu auras beau envisager tous les scénarios, rien de tout ça n’arrivera.

 

Ton bébé ne dormira pas les 1ères nuits. Peut-être qu’il confondra le jour et la nuit. Peut-être que les coliques le feront se tordre de douleur. Peut-être que tu essayeras des dizaines de lait avant de trouver le bon. Toi aussi tu te retrouveras à faire des promenades en poussette à la nuit tombée pour essayer d’endormir ton bébé. Toi aussi tu marcheras des kilomètres dans ton salon en berçant ton bébé. Mais ce que tu ne sais pas c’est que quand, enfin, il trouvera le sommeil, apaisé, tu n’auras qu’une seule envie, être déjà au prochain biberon et le serrer fort dans tes bras car son odeur te manquera déjà.

 

Ton bébé aura besoin de toi. Peut-être qu’il aura besoin de tes bras plus que de raison. Peut-être que tu dérogeras déjà à ton 1er principe en le laissant dormir de longues heures, sa petite tête posé tout contre ton cœur, parce qu’il n’y a que cette mélodie qui saura le calmer. Toi, la future Maman, suit ton instinct et n’écoute pas les « tu ne devrais pas » ou autre « il va prendre de mauvaises habitudes ». Toi seule sais ce dont ton bébé a besoin. Tu es la seule chose dont il a besoin. Tu es son essentiel après avoir passé 9 longs mois à vivre au rythme de tes battements de cœur. Prolonge alors son plaisir encore quelques mois. Le moment où il te repoussera car il est devenu trop grand pour un câlin sera si vite arrivé.

 

Tu sais que ta vie, votre vie, va être mise à sac pendant quelques semaines/mois. Tu sais que votre vie de couple va changer. Tu sais que rien ne sera plus pareil, que les resto se feront plus rares, que les week end en amoureux ne seront plus qu’un lointain souvenir pendant plusieurs mois/années. Tu dis à qui veut bien l’entendre « nous on le laissera régulièrement pour se retrouver, c’est essentiel ». Toi, la future Maman, ce que tu ne sais pas c’est que tu seras bien incapable de le laisser à qui que ce soit pendant plus d’une demi-journée. Ce que tu ne sais pas c’est que ton couple va être mis à rude épreuve et qu’il y a forcément un moment où vous allez vous retrouver à compter qui a dormi 1h de plus que l’autre. Ce que tu n’imagines pas c’est que ta vie intime va probablement se retrouver réduite à peu de chose pendant quelques temps. Mais ce que tu ne sais pas non plus c’est que ton couple n’en ressortira que plus fort. Que quand vous vous regarderez avec ce petit être entre vous deux vous vous direz « c’est nous qui l’avons fait ».

 

Ton bébé deviendra un jour cet enfant capricieux que tu jugeais au supermarché. « Une chose est sûre, je ne laisserai jamais mon enfant faire ça ». On l’a toutes dit. Toi, la future Maman, tu auras aussi tes moments de honte où une future jeune Maman te regardera du coin de l’œil en se disant « ça, jamais ». Toi non plus tu ne sauras pas quoi faire. Toi aussi tu seras désemparée. Comme cette jeune Maman que tu as croisée quelques mois plus tôt. Et à ce moment-là, au milieu des regards réprobateurs, tu croiseras le regard plein d’encouragements d’une autre Maman qui te diras « courage, ça va passer ». Et contre toute attente, tu feras un câlin à ton enfant hurlant à plein poumons. Parce que toi, la future Maman, tu sais que tout ce dont ton enfant a besoin c’est que tu le rassure.

 

Alors toi, la future Maman, continue d’imaginer ce que ta vie va devenir. Ce que tu ne pourras jamais imaginer, c’est cet amour qui va te retourner les tripes à la seconde même où tes yeux vont se poser sur ce petit être à peine sorti de toi. Cet amour animal que tu vas ressentir pour ton enfant, encore tout chaud de ton intérieur, qui, à l’instant même où on va le poser sur toi, va t’emmener très loin de tout ce que tu pouvais imaginer.

Toi, la future Maman, ta vie va changer pour toujours. Bien plus que tu ne peux l’imaginer. Mais suis ton cœur, écoute ton bébé, lui seul à les clefs pour t’aider à surmonter tout ce que tu n’auras pas imaginé.

 

Je m’en veux et je leur en veux

Hier le coucher a encore été une catastrophe. 2h30 pour endormir SweetL qui ne voulait clairement pas s’endormir tout seul. On avait décidé qu’il en était capable puisqu’il le faisait encore il y a 3 semaines alors on a engagé un combat du plus fort. Le ton est monté, on a expliqué, on est remonté, on a rassuré, on a résisté et puis j’ai perdu pied. J’ai perdu mon sang froid, j’ai crié, fort, je lui ai dit des choses absurdes sans queue ni tête. Des choses auxquelles il a répondu, du haut de ses 30 mois, de manière très intelligente. De manière beaucoup plus intelligente que mon comportement. J’ai fini par le menacer, le laisser me hurlant « gros câlin maman » dans son lit et j’ai claqué la porte en lui disant que Maman n’avait pas envie de faire un gros câlin. Il a fini par s’endormir à 22h30 d’épuisement avec son père à ses côtés qui le rassurait.

Je me déteste d’avoir perdu mon sang froid.

Je me déteste d’avoir été la mauvaise mère incapable de se contrôler.

Je me déteste de m’être emportée face aux cris de désespoir de mon tout petit garçon qui avait juste besoin de réassurance.

Et je déteste encore plus cette société qui te dit qu’un enfant de 2 ans DOIT s’endormir seul.

Je déteste cette société qui te dit que lui tenir la main pendant qu’il s’endort n’est pas une solution.

Je déteste cette société qui te regarde du coin de l’œil quand tu dis que ton enfant de 30 mois ne fait pas ses nuits.

Je déteste le moule de cette putain de société dans lequel il faut rentrer parfaitement faut de quoi les mots caprices, 5/10/15 et autre punitions te sautent dessus.

Je déteste tous ces gens qui te répètent sans relâche depuis la naissance de ton enfant que « attention, il va prendre des mauvaise habitudes, vous allez en chier après ».

Je déteste tous ces gens qui te regardent avec des yeux réprobateurs quand tu racontes que depuis 2 semaines ton enfant a besoin de toi à ses côté pour s’endormir.

Je déteste tous ces gens qui ne comprennent pas que, oui, ton enfant a des problèmes de sommeil. Que non, une simple nuit chez Papy Mamy ne règlera pas le problème. Que non tu ne veux pas « l’abandonner » un weekend pour te reposer alors que tu te bouffe les doigts tous les jours de savoir ce qui ne tourne pas rond dans sa tête.

Hier je me suis détestée d’avoir entendu et surtout écouté tout ça tourner dans ma tête. Je me suis détestée d’avoir suivi les codes de cette société plutôt que les besoins primaires de mon enfant.

Alors hier je n’ai pas mangé, je me suis écroulée de larme de culpabilité et j’ai espéré qu’il se réveille cette nuit pour pouvoir le serrer dort dans mes bras, m’excuser de ces cris inexcusables et pouvoir enfin faire ce qu’il me demandait. Jouer mon rôle de Maman. Lui donner l’amour démesuré dont il a besoin en ce moment. Le rassurer plus que de raison parce qu’il a peur de dormir, peur du moindre bruit qui le réveille en sursaut au milieu de la nuit, peur de se retrouver tout seul dans son lit sans réussir à trouver le sommeil.

 

Alors cette nuit, comme toutes les nuits depuis 3 semaines, il s’est réveillé et je l’ai rendormi 2 fois dans la pénombre de sa chambre. Cette nuit, comme toutes les nuits, j’ai fini par m’allonger à ses côtés et on a dormi sereinement jusqu’au petit matin. Sans culpabilité. Sans mauvaises habitudes. Juste dans l’amour de la chaleur de sa maman à ses côtés.

La malédiction du matin

La légende raconte que, dans chaque famille avec enfant(s), une fatalité s’abat automatiquement sur les parents, souvent la mère, me demandez pas pourquoi : le matin, c’est la course. Le sprint de ta vie. Florence Foresti le raconte tellement bien que j’ai presque envie de me cantonner à sa version mais il me semble que je suis plus organisée qu’elle et pourtant, le résultat est le même.

Cette semaine on est tous les deux, Papa est en déplacement, alors pas d’autre choix que de tout gérer toute seule. J’ai essayé de déléguer au chien mais à part se lécher les parties, il n’est pas très efficace.

Donc, depuis 30 mois, je ne mettais plus de réveil. Un petit humain s’en chargeait à ma place et pensait à notre timing puisqu’il s’y prenait largement à l’avance. 5h30 première sonnerie et lui, impossible de le mettre sur snooze.

Mais depuis quelques semaines ce petit humain dort. Jusqu’à 9h parfois. Alors j’ai repris l’habitude de mettre mon réveil. Tous les soirs je le mets 5 minutes plus tôt avec le secret espoir de pouvoir prendre ma douche tranquille pour ensuite aller réveiller BabyL. Sauf que tous les matins son radar est au taquet et à peine j’ai le pied posé par terre que j’entends son petit « Maman, bibi dodo ».

Il est cool parce que je le sors du lit, je le mets avec moi dans la salle de bain et il me laisse me doucher sans problème. Jusqu’à là tout roule, j’ai même le temps de me maquiller. Mais à compter de là commence la course contre la montre. C’est un peu le Mud Day tous les jours.

7h45 : Je suis prête. On retrousse les manches, faut habiller le petit. J’ai jamais compris comment en 15 minutes j’arrive à me laver/me crémer intégralement/me coiffer/me maquiller alors que lui il faut 15 minutes (au mieux) pour se déshabiller, enlever sa couche (qui tombe toute seule tellement elle est pleine) et mettre un slip, un jean et un t shirt.

8h10 : on est habillés, en bas, à table, et on a déjà 15 minutes de retard. On a 20 minutes pour préparer le petit déjeune, déjeuner, mettre les 8 couches de vêtement nécessaires pour braver le froid, et franchir la porte d’entrée. Autant dire que c’est mort.

8h15 : BabyL est encore devant le placard à choisir ce qu’il va manger. Il veut forcément ce qu’on a fini la vieille (et par principe, si je lui en rachète, il n’aime plus « beurk maman no bon »). Il finit par me piquer mes céréales ou mon pain, qu’il ne va forcément pas terminer, donc au final j’ai pas manger et lui non plus.

8h20 : je commence à paniquer, je lui mets ses chaussures pendant qu’il mange ses céréales une par une.

8h25 : je commence à monter dans les aigus mais je respire, éducation positive…..

8h27 : je l’habille pendant qu’il mange sa 14ème céréale après l’avoir scrutée sous tous les angles comme les 13 d’avant.

8h30 : on est habillés, je transpire dans ma doudoune, lui ne peut plus bouger tellement il est engoncé dans ses fringues. « Baby, on est très en retard, alors on va se dépêcher pour aller à la crèche » à NON. Ok, je suis prévenue.

8h40 : On arrive à la crèche. On a mis 10 minutes à faire un trajet de 1 minute. Encore cette faille spacio temporelle dont je percerais le mystère un jour…

8h45 : je perds quelques secondes à regarder ce petit garçon qui arrive en marchant, en donnant la main à sa main et qui en plus se laisse faire sans broncher. Je pense qu’elle l’a drogué, je vois pas d’autres solutions.

8h50 : je le pose enfin dans sa salle, il me fait un calin, son oreille passe vaguement dans mon champs de vision. D’un coup d’ongle bien placé je dégomme discrètement l’énorme caton de cire qui pendouille. Même pas honte. Je vous tairais ce que je fais dudit caton de cire maintenant coincé sous mon ongle (non, je ne le mange pas). Au moment où il se retourne pour protester contre le coup d’ongle je vois qu’il a encore ses petits cacas d’œil de la nuit aux coins des yeux. J’ai honte, encore.  « oh mais t’a fait couper tes cheveux ? » Non, ils ne sont juste pas lavés depuis dimanche, on est mercredi, ça tient tout seul. A ce stade, j’ai même plus honte.

8h55 : je sors de la crèche en courant, coucou loulou, passe une bonne journée. J’ai déjà 10 minutes de retard alors que je ne suis même pas encore montée dans ma voiture.

9h10 : j’arrive au taf. Je transpire alors qu’il fait -10 dehors. Et là je pense au Mud Day du soir. Courage, j’ai 8h pour me reposer.

Tu l’as voulu, faut assumer

Il n’y a pas longtemps, au détour d’un baillement non maîtrisé, je me suis pris un tacle que je n’avais pas vu venir « Oh tu l’as voulu t’assume maintenant ».

J’avais rien demandé. Rien. J’avais même rien dit du tout…

J’ai hésité entre claquer violemment le petit nez de cette peronne et lui hurler dessus tous les bienfaits de la maternité sur mes cycles de sommeil. Et puis rien. J’ai rien dit. Je l’ai regardé et j’ai rien dit. Je me suis dit qu’un jour elle comprendrais et elle saurait. (En vrai, j’avais quand même TRES envie de la taper mais je l’aime bien à la base cette personne alors je me suis abstenue).

Alors oui, depuis que je suis maman :

  • Je ne me lève plus à des heures improbables et je ne fais plus des nuits de 13h. Je vis avec des cernes permanents et un état d’épuisement chronique.
  • Je ne traine plus devant la TV jusqu’à pas d’heure le soir. Je m’échoue telle une élégante baleine dans les méandres de mon lit à l’heure à laquelle avant je n’avais toujours pas mangé.
  • Je ne fais plus 4 apéros par semaine avec les copains (par semaine entendez jours ouvrés). Alors quand ça arrive on savoure (et on le paye pendant 1 semaine) et on rentre super tard, genre, à minuit.
  • Je ne me promène plus sans soutien gorge. Même à la maison, trop peur que mon mec me confonde avec le voisin . Ce accessoire n’a plus rôle de maintien, non, mais rôle d’illusion. Alors on les achète double push up.
  • Je ne rentre plus dans un 34. J’ai donc du contracter un prêt chez zara … Zut alors !
  • Je ne raconte plus ma journée en rentrant du boulot. J’énumère le nombre de caca fait dans le pot et les heures de sieste accumulées. Et aussi le nombre de calins que j’ai eu et l’intensité du hurlement quand il m’a vu entrer dans la crèche par la porte vitrée.
  • Je ne prend plus de petit déjeuner dignent du Hilton. Je prend un café.. puis 2. Et puis 3. Et puis de toute façon quand je prend un petit déjeuner je m’en fais voler la moitié.
  • Je ne prend plus des douches bouillantes de 20 minutes. Bon là pour le coup la planete me dit merci. Mais bon j’aimerai parfois au moins me doucher la porte fermée. Au moins l’hiver.
  • Je ne ramène plus de baguette de pain entière à la maison. Il manque forcément un quignon. Voir 2. Voir 20 cm de pain. Voir y’a carrement des traces de dents dedans …

Par contre, maintenant ….

Je me réveille à l’odeur de pain au lait chaud, mes journées démarrent avec un petit nez calé dans mon cou et des petits bras qui me serrent fort et ces quelques minutes pleines de douceur valent toutes les grasses mat du monde.

Je connais la chanson du générique de Péppa Pig par cœur et je me la traine toute la journée. Alors oui on avait dit pas de TV mais cette petite ½ heure est la seule où je peux lui gratter son petit dos tout doux sans qu’il ne bouge. (Ok je connais aussi celle de Dany le Tigre, je le deteste d’ailleurs celui-ci, celle de Samsam et celle de Masha et Mishka ….).

J’arrive au boulot bien réveillée. Ou pas. Mais au moins j’ai eu le temps de me décoller. Ou pas .. Bref, j’arrive au boulot et je suis réveillée depuis plus de 45 minutes.

Mes fins de journée adoptent un rythme militaire dans lequel on arrive toujours à caler une séance roulade-calin dans le lit de papa et maman et ça, ça me rebooste pour les 3 dernières heures de la journée.

Mes week end sont remplies de rires, de promenades et de feuilles mortes. De repas en famille à 3 dans la bonne humeur. De petits progrès dignes d’un bac avec mention. De guili, d’histoires douces et de cris d’animaux.

Mon nouvel accessoire de mode dans la rue fais 85 cm, il est en tout objectivité beau comme un dieu, il est souvent / parfois bien élevé, et il me rempli d’une fièrté à crever la couche d’ozone à chaque fois qu’il dit bonjour à la boulangère (même quand il le fait pas d’ailleurs). En fait mon cœur et mon corps tout entier se remplissent de fierté à chaque fois que je pose mes yeux sur lui.

 

Donc non , je ne lui ai rien dit parce qu’un jour elle saura que, malgré toute la fatigue du monde, on les a voulu, on les assume et le pire dans tout ça, on les aime !!

 

Ces 2 amours, si forts et pourtant si différents

J’ai la chance de faire partie de ces gens qui savent qu’ils ont trouvé l’amour de leur vie. Pas l’amour d’une vie. L’amour de leur vie. Cet amour qui, si par malheur, ne durerait pas, laisserai une trace de son passage à vie. Cet amour que l’on peut sentir couler dans notre sang. Cet amour qui nous paraît le plus fort de tous. Cet amour qui peut tout vaincre.

Certains appellent cette personne une âme sœur. Moi je l’appellerai mon irremplaçable. Celui avec qui j’ai grandit. Celui avec qui je suis devenue femme. Celui avec qui j’ai eu envi de fabriquer une moitié de nous. Celui avec qui je suis devenu maman.

On en a eu des hauts et des bas. Un bas surtout, très bas. Si bas qu’on a failli ne jamais se relever. Si bas qu’on a ramé des mois et des mois avant de se l’avouer : on ne pouvait pas vivre l’un sans l’autre car l’autre était en fait une partie intégrante de nous même. Alors on est reparti des ruines qui restaient et on a tout reconstruit. En gardant toujours dans un coin de nos têtes ce sentiment de chaos total que nous avions ressenti quand l’autre n’était plus là. On est resté méfiants au début mais on retrouvait cet amour de jeunesse, le tout frais, celui qui fait des papillons dans le creux de l’estomac. Longtemps je me suis endormie en me rappelant cette sensation de vide intérieur, cette sensation de n’être plus rien car il me manquait mon essentiel, mon irremplaçable.

Petit à petit on a reconstruit notre histoire, on a réapprit à se faire confiance. On a grandit, encore. Toujours avec cette fêlure pour nous rappeler la fragilité de cet amour mais aussi son prix, inestimable. On a grandit avec cette sensation d’une renaissance d’entre les morts.

Tout le monde connait l’amour bien sur. Tout le monde tombe amoureux.

Mais cet amour là, tout le monde n’a pas la chance de le trouver. Tout le monde n’a pas la chance de marcher à ses côté des années durant. Tout le monde n’a pas la chance de grandir avec. Tout le monde n’a pas la chance de se construire avec son âme sœur, avec l’homme de sa vie avec son irremplaçable.

Alors un jour on a eu envi de partager cet amour, on a eu envi de fabriquer une petite boule d’amour rien qu’à nous.

Bien sur, on l’a aimé dès les 1ers instants de sa présence au creux de moi mais c’était encore abstrait. Comment ce petit être qu’on ne connait pas encore va pouvoir devenir le centre de nos vies ? Arriverons-nous à l’aimer plus que notre chien (oui, la question est véridique et venais de moi, j’assume J) ? Arriverons-nous à toucher du doigt cet amour inconditionnel ?

Et puis la petite boule d’amour est arrivée. A peine arrivée qu’elle est repartie d’ailleurs. Dans les bras d’une pédiatre qui n’est revenu que de longues minutes plus tard pour nous annoncer que la boule d’amour avait un début de vie plus compliqué que les autres. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet mais fort heureusement le début de vie compliqué n’a duré qu’une longue semaine d’attente.

Pendant ces longues minutes, les plus longues de toute ma vie, j’ai compris que ma vie ne serait plus jamais la même. Pendant ces longues minutes à attendre ce 1er cri j’ai senti que montait en moi le sentiment le plus fort qu’on puisse connaître. J’ai compris ce qu’était ce sentiment de dépassement de soi. Je devenais une lionne prête à tout pour mon bébé. Quand enfin je l’ai vu, sur un écran de téléphone puis à travers la vitre d’une couveuse, je suis tombée amoureuse pour la 2ème fois de ma vie. Un coup de foudre que tu prends en plein gueule, une vague d’amour prête à tout dévaster sur son passage. A cette seconde précise, quand tu découvre le visage de la petite boule qui a grandi en toi pendant 9 mois, le 1er jour du reste de ma vie prend tout son sens.

Son début difficile n’a pas aidé. La peur aidant, je l’ai aimé plus que tout au monde en une fraction de seconde et ce sentiment, cette sensation, je les garderais en mémoire toute ma vie durant. Ce petit être, cette petite boule de quelques heures qui se battait déjà pour la vie. Chaque minute loin de lui était une torture, j’aurai tout donné pour être sure que tout irait bien. Pour être certaine de garder ma petite boule avec moi. Mais même tout n’était pas suffisant parce l’amour ne peut pas tout faire non plus… pas toujours.

C’est durant cette 1ère semaine de lutte qu’est né cet amour fou, cet amour viscérale, celui qui vient du fond de nos entrailles. Cet amour qui est infiniment plus fort que l’amour que nous pouvons avoir pour notre propre vie. Cet amour qui nous tord les boyaux à chaque fois qu’on imagine pouvoir le perdre un jour. Cet amour qui grandit en nous chaque seconde qui passe. Cet amour qui nous ferait faire n’importe quoi pour le protéger. Sacrifier sa propre vie, tue, pire encore …

Parce que oui, pour lui, je suis prête à mourir. Pas prête à mourir « parce qu’il faut le dire ». Non, prête à mourir sans réfléchir si j’avais le moindre espoir que cela puisse lui sauver la vie.

Sa vie est devenue la mienne depuis cette 1ère seconde d’attente. Sa vie est devenue mon univers à la seconde même où je suis tombée amoureuse de lui à travers cette vitre de couveuse.

Tous les jours je lui dis que je l’aime en essayant de trouver un mot qui a la vraie valeur de ce que je ressens. Mais ce mot là n’existe pas. Ce mot là n’existe qu’à un seul endroit, dans mon cœur, dans mes trippes. Ce mot n’a pas besoin d’être prononcé, il vit en moi. Alors j’espère qu’un jour il deviendra papa à son tour pour qu’enfin il comprenne à quel point je l’aime.

 

Sache mon bébé, mon tout, mon univers, que je suis tellement fière de t’avoir donné pour père l’amour de ma vie…

Les 4 rôles de ma vie

Maman épanouie, femme accomplie, épouse dévouée et cadre dynamique. Les 4 rôles à tenir de la femme moderne. Les 4 indicateurs de réussite sociale.

Quand je n’avais pas d’enfant j’entendais souvent les mamans de mon entourage se plaindre « nan mais tu sais pas ce qu’il m’a fait encore ?! » « j’en ai marre, je me tape tout à faire toute seule… ». Et je me disais que c’était des jeunes mamans aigries avant l’heure qui avait la plainte facile et qui n’était juste pas capables de tout assumer en silence « comme toutes les mamans du monde ». Oui, je l’ai pensé. Souvent.

Et puis je suis devenue maman, avec son gros paquet dégoulinant de bonheur mais aussi, faut le dire, son lot de petits tracas du quotidien. Des nuits pourries depuis 18 mois, des réveils à 5h30 (oui, heure à laquelle je me couchais il y a 2 ans), un petit gars plein d’énergie parfois difficile à canaliser, des principes d’éducation qui volent en éclats, et j’en passe. Mine de rien, tout ça met le couple à rude épreuve (il est où le gars qui a dit qu’un enfant ça renforçait un couple ?!). Le moral en prend un coup aussi, la patience se fait la malle, l’énergie se planque dans un coin et petit à petit on passe en mode survie.

Et puis nous, dans l’histoire, on est la maman. Le Graal, la wondermum, celle qui a une pression dingue dans cette société mais qui répond d’un « la pression ? moi ? non tout est question d’organisation ». On ne court peut être pas des marathons, nous, mais nos journées y ressemblent : elles commencent par une négociation sans merci avec un petit gros de 85 cm qui refuse de vous voir mettre un pied dans la baignoire sous peine de hurlements capables de réveiller tout la quartier. Négociation menée avec brio, on a le privilège de prendre une douche de 3 minutes 30 incluant lavage de dents, de cheveux et de nous même quand on y pense.

Je vous passe le quart d’heure habillage de maman / maquillage / coiffage avec le même petit tiran qui veut forcément que vous fassiez tout ça avec ses 12 kg sur le bras droit.

Après avoir préparé tout le monde, nourri tout le monde, on arrive à la crèche et à la question « tout va bien ? il a bien dormi ? » on a envi de s’assoir une petite demi heure pour vider son sac « il a été horrible toute la nuit, il nous a fait lever une dizaine de fois, il a dormi de 4h à 5h sur moi qui était en petite nuisette dans sa chambre à 17°, j’ai autant d’énergie qu’une limace, j’ai plus envi de me crever un œil que d’aller bosser ». Mais non, on relève la tête, on respire un bon coup et on sort notre habituel « la nuit a encore été compliquée mais ça va, il a bien mangé, essayez de lui faire faire la sieste tôt ». Et on part le cœur de lourd de laisser notre petite boule d’amour à qui on aurait préféré faire des bisous dans son petit cou tout chaud.

Passe une longue journée de boulot à plusieurs phases : léthargie du matin / lutte du début d’après midi pour ne pas sombrer / petit regain d’énergie de la fin d’après midi. Tout ça ponctué de boulettes de débutantes dûes à la fatigue, de yeux qui piquent et de « oh t’as une sale tête », suivi de « mais tu devrais peut être le laisser pleurer / le mettre dans votre lit / ne surtout pas le sortir de son lit / consulter un psy / consulter une voyante / un marabou/ etc… ». Tu souris et tu laisse couler jusqu’à 17h30 où tu tape le sprint de ta vie pour aller te shooter à l’odeur de pain au lait de ton bébé qui t’a manqué comme si on t’avait coupé un bras.

Démarre la routine du soir où tu mets en place ton plan d’action digne de la CIA pour que, en 2h, ton pain au lait sente de nouveau le pain au lait propre, qu’il ait autre chose qu’un pain au lait dans l’estomac, qu’il ait lu ses 23 livres en boucle et qu’il soit couché à 20h pour avoir un semblant de soirée. Répartition des rôles, un au bain, l’autre aux fourneaux, le tout avec le moins de pleurs et de cris possibles (oui on ne parle plus d’éducation positive là).

A 20h, extinction des feux, gros calin avant le gros dodo (dodo pourri oui).

A 20h02 il te manque déjà, t’as envi d’aller te bercer au son de sa respiration lourde et apaisée.

Ta journée de maman épanouie / cadre dynamique est terminée. Démarre ta journée de femme accomplie / épouse dévouée.

Sauf que tu as autant de dévotion dans ton corps que d’énergie. Tu as juste envi de t’échouer sur ton canapé, le dos endoloris des 12 kg que tu as porté la moitié de la journée, en essayant de te détendre à coup de bourgogne alligoté (ouais devenir maman c’est aussi devenir un peu alcoolique sur les bords) et en rêvant à la nuit de 5 jours que tu aimerais faire.

Alors la soirée passe vite. Bah oui quand ta soirée dure de 20h15 à 21h45 ça passe vite. On mange, on comate, on va se coucher. On se fait un bisou et on s’évanoui avec l’espoir de dormir plus de 6h d’affilé. C’est sur que ça ne fait rêver personne, pas même ton mec qui se dit que le costume d’épouse dévouée a certainement été oublié dans le dernier déménagement. Mais t’as juste pas la force d’envisager autre chose que dormir. Parce que ta journée a démarré il y a 14h dans le meilleur des cas (16h dans le pire), que tu as joué 3 rôles à la perfection (ou presque) mais que les jours ne sont pas assez longs pour jouer le 4ème.

Alors tu te couches en culpabilisant. Oui, ça serait trop facile de s’endormir l’esprit léger. Tu repasse ta journée dans ta tête en essayant de te souvenir où est ce que tu as perdu les 15 minutes qui t’auraient peut être permises de boucler la boucle. Et puis tu finis par t’effondrer parce que 4 personnes dans un même corps ça fatigue.

Et demain recommencera le même marathon.

Tu te shooteras encore à l’odeur de pain au lait de ton fils car il n’y a que ça qui te retient de retourner te coucher en pleurant jusqu’à effondrement total.

Tu compteras encore le nombre de jours qui te séparent, ton mec et toi, de la dernière fois que vous avez fait l’amour.

Tu culpabiliseras, encore et toujours, parce que t’as oublié ton costume d’épouse dévouée dans l’ancien appart.

Et puis tu seras en colère parce que merde, des fois, t’aimerai bien être garçon. Ils font pas rien les garçons, loin de moi cette idée. Encore moins mon mec qui est le mec parfait qui se lève la nuit, en fait au moins autant que moi à la maison, est un papa poule fan de son fils, et j’en passe.

Mais lui, on le félicite de se lever la nuit. On le gratifie du titre de « mec parfait » car il passe la serpillère. Limite on le blâme de faire le repassage, faut pas pousser, c’est lui qui porte la culotte hein. Et moi on me regarde avec un petit sourire en coin lourd de sous entendus « et ben t’as pas à te plaindre avec le mec que t’as ».

Donc non, je ne me plains pas. Je continue de culpabiliser en me shootant à l’odeur de pain au lait.