La malédiction du matin

La légende raconte que, dans chaque famille avec enfant(s), une fatalité s’abat automatiquement sur les parents, souvent la mère, me demandez pas pourquoi : le matin, c’est la course. Le sprint de ta vie. Florence Foresti le raconte tellement bien que j’ai presque envie de me cantonner à sa version mais il me semble que je suis plus organisée qu’elle et pourtant, le résultat est le même.

Cette semaine on est tous les deux, Papa est en déplacement, alors pas d’autre choix que de tout gérer toute seule. J’ai essayé de déléguer au chien mais à part se lécher les parties, il n’est pas très efficace.

Donc, depuis 30 mois, je ne mettais plus de réveil. Un petit humain s’en chargeait à ma place et pensait à notre timing puisqu’il s’y prenait largement à l’avance. 5h30 première sonnerie et lui, impossible de le mettre sur snooze.

Mais depuis quelques semaines ce petit humain dort. Jusqu’à 9h parfois. Alors j’ai repris l’habitude de mettre mon réveil. Tous les soirs je le mets 5 minutes plus tôt avec le secret espoir de pouvoir prendre ma douche tranquille pour ensuite aller réveiller BabyL. Sauf que tous les matins son radar est au taquet et à peine j’ai le pied posé par terre que j’entends son petit « Maman, bibi dodo ».

Il est cool parce que je le sors du lit, je le mets avec moi dans la salle de bain et il me laisse me doucher sans problème. Jusqu’à là tout roule, j’ai même le temps de me maquiller. Mais à compter de là commence la course contre la montre. C’est un peu le Mud Day tous les jours.

7h45 : Je suis prête. On retrousse les manches, faut habiller le petit. J’ai jamais compris comment en 15 minutes j’arrive à me laver/me crémer intégralement/me coiffer/me maquiller alors que lui il faut 15 minutes (au mieux) pour se déshabiller, enlever sa couche (qui tombe toute seule tellement elle est pleine) et mettre un slip, un jean et un t shirt.

8h10 : on est habillés, en bas, à table, et on a déjà 15 minutes de retard. On a 20 minutes pour préparer le petit déjeune, déjeuner, mettre les 8 couches de vêtement nécessaires pour braver le froid, et franchir la porte d’entrée. Autant dire que c’est mort.

8h15 : BabyL est encore devant le placard à choisir ce qu’il va manger. Il veut forcément ce qu’on a fini la vieille (et par principe, si je lui en rachète, il n’aime plus « beurk maman no bon »). Il finit par me piquer mes céréales ou mon pain, qu’il ne va forcément pas terminer, donc au final j’ai pas manger et lui non plus.

8h20 : je commence à paniquer, je lui mets ses chaussures pendant qu’il mange ses céréales une par une.

8h25 : je commence à monter dans les aigus mais je respire, éducation positive…..

8h27 : je l’habille pendant qu’il mange sa 14ème céréale après l’avoir scrutée sous tous les angles comme les 13 d’avant.

8h30 : on est habillés, je transpire dans ma doudoune, lui ne peut plus bouger tellement il est engoncé dans ses fringues. « Baby, on est très en retard, alors on va se dépêcher pour aller à la crèche » à NON. Ok, je suis prévenue.

8h40 : On arrive à la crèche. On a mis 10 minutes à faire un trajet de 1 minute. Encore cette faille spacio temporelle dont je percerais le mystère un jour…

8h45 : je perds quelques secondes à regarder ce petit garçon qui arrive en marchant, en donnant la main à sa main et qui en plus se laisse faire sans broncher. Je pense qu’elle l’a drogué, je vois pas d’autres solutions.

8h50 : je le pose enfin dans sa salle, il me fait un calin, son oreille passe vaguement dans mon champs de vision. D’un coup d’ongle bien placé je dégomme discrètement l’énorme caton de cire qui pendouille. Même pas honte. Je vous tairais ce que je fais dudit caton de cire maintenant coincé sous mon ongle (non, je ne le mange pas). Au moment où il se retourne pour protester contre le coup d’ongle je vois qu’il a encore ses petits cacas d’œil de la nuit aux coins des yeux. J’ai honte, encore.  « oh mais t’a fait couper tes cheveux ? » Non, ils ne sont juste pas lavés depuis dimanche, on est mercredi, ça tient tout seul. A ce stade, j’ai même plus honte.

8h55 : je sors de la crèche en courant, coucou loulou, passe une bonne journée. J’ai déjà 10 minutes de retard alors que je ne suis même pas encore montée dans ma voiture.

9h10 : j’arrive au taf. Je transpire alors qu’il fait -10 dehors. Et là je pense au Mud Day du soir. Courage, j’ai 8h pour me reposer.

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